Violences sexuelles : 1 femme sur 7 victime d'au moins une agression dans sa vie

A l'occasion du 25 novembre, journée mondiale pour l'élimination des violences faites aux femmes, l'Observatoire national des violences faites aux femmes a publié les dernières données sur les violences sexuelles en France.

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Femme sous pression
Femme sous pression - ©Tiko - stock.adobe.com

Le même jour, le président de la République a consacré l'égalité femme-homme "grande cause" du quinquennat et annoncé une série de mesures.

Des violences souvent tues et impunies

Les données présentées par l'Observatoire, issues de différentes enquêtes, révèlent que les violences sexuelles touchent de façon disproportionnée les femmes.

Chaque année, en moyenne, 93 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de viols et/ou de tentatives de viols. Dans 9 cas sur 10, les victimes connaissent leur agresseur (à 45% leur conjoint ou ex-conjoint). Pour autant, moins de 10% d'entre elles porte plainte.

En 2016, près de 37 000 victimes mineures et majeures de viols, d'agressions et de harcèlement sexuels ont déposé plainte ou fait l'objet d'une constatation par les services de police ou de gendarmerie. 85% de ces victimes étaient des femmes. Les parquets ont traité, de leur côté, 32 900 affaires avec auteurs présumés, dont près des deux tiers ont été classées sans suite car l'infraction n'était pas ou mal caractérisée. Au final, 6 064 auteurs (à 99% des hommes) ont été condamnés pour des affaires de violences sexuelles.

Une femme sur sept déclare avoir vécu au cours de sa vie au moins une forme d'agression sexuelle, contre un homme sur 25.

L'égalité femme-homme, grande cause du quinquennat

Dans un discours prononcé à l'Élysée le 25 novembre, Emmanuel Macron a décrété l'égalité entre les femmes et les hommes grande cause du quinquennat. Il a fixé trois priorités : l'éducation et le combat culturel en faveur de l'égalité, un meilleur accompagnement des victimes et un renforcement de l'arsenal répressif.

Parmi les mesures annoncées, figurent notamment :

  • l'instauration dans les écoles du service public d'un module d'enseignement sur la prévention et la lutte contre le sexisme, le harcèlement et les violences faites aux femmes ;
  • l'extension des pouvoirs de régulation du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sur les vidéos sur Internet et les jeux vidéo ;
  • la création dans les hôpitaux d'unités spécialisées dans la prise en charge psycho-traumatique des victimes de violences ;
  • un signalement en ligne pour les victimes de violences.

Le chef de l'État a également cité les dispositions du futur projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes, qui sera présenté début 2018 (âge du consentement sexuel, rallongement de la prescription pour les mineurs, nouveau délit de harcèlement de rue, etc.).