Le racisme en 2017 : l'état des lieux de la CNCDH

Le rapport 2017 sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) est disponible en ligne depuis le 22 mai 2018.

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Une foule
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La Commission mesure un niveau de racisme extrêmement préoccupant mais souligne néanmoins des évolutions positives. La progression du racisme sur le long terme n'est pas établie.

Le rapport s'inscrit dans un contexte de préparation du plan triennal d'action contre le racisme et l'antisémitisme (2018-2020).

Actes et préjugés racistes

La plupart des actes de racisme ne sont pas déclarés aux services de police. Le taux de plainte est estimé à 3% pour les injures racistes, à 17% en cas de menaces et à 30% en cas de violences à caractère raciste. En 2017, les services de police ont enregistré 8 700 plaintes. Ce chiffre est en baisse depuis deux ans.

Les actions antisémites et anti-musulmanes comptabilisées diminuent dans leur ensemble. Toutefois, le passage à l'acte à caractère raciste (homicides, attentats et tentatives, incendies, dégradations, violences et voies de fait) est en augmentation ces deux dernières années.

Chaque année, la CNCDH commande une enquête sur l'état de l'opinion. Cette enquête mesure un indice de tolérance vis-à-vis des minorités (indice de 1 à 100, plus l'indice se rapproche de 100, plus le niveau de tolérance est élevé). Les Roms restent la minorité la plus stigmatisée (indice de tolérance de 34), suivis des Musulmans (61), des Maghrébins (72), des Noirs et des Juifs (78).

Globalement, le rapport pointe une stabilisation de la tolérance dans l'opinion, après trois années de hausse consécutive. Le racisme se manifeste sous des formes plus subtiles que le racisme biologique, entremêlant plusieurs problématiques telles que l'identité, l'intégration ou la religion.

Les recommandations prioritaires de la CNCDH

Afin d'accroître l'effectivité de l'action publique contre le racisme, la CNCDH présente un ensemble de recommandations, parmi lesquelles :

  • engager une action coordonnée permettant à tous les enfants d'être scolarisés ;
  • diversifier les indicateurs permettant d'analyser les motifs qui ont conduit à des agressions racistes ;
  • nommer des enquêteurs référents spécialisés sur les questions de discriminations et de racisme dans les commissariats. L'accueil des personnes victimes de discriminations anti-LGBTI (lesbiens, gays, bisexuels, transgenres ou intersexes) devrait faire l'objet d'une attention particulière ;
  • accentuer le travail du ministère de l'Éducation nationale en matière d'éducation aux médias et d'apprentissage de la citoyenneté ;
  • mener une réflexion approfondie sur les politiques publiques de sécurité, notamment sur les méthodes d'évaluation qui mesurent de manière chiffrée la performance policière.

La CNCDH préconise, par ailleurs, la ratification par la France de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, en date du 18 décembre 1990, prohibant toute discrimination à leur égard.