Santé : le point sur la consommation et la résistance aux antibiotiques

La 3e édition de la synthèse annuelle sur les antibiotiques publiée par Santé publique France dresse un bilan de l'évolution de la consommation d'antibiotiques en France. Elle met en lumière l'augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques, phénomène dénommé antibiorésistance.

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Bactéries
Bactéries - © francis bonami - stock.adobe.com

La consommation d'antibiotiques reste stable en santé humaine

Selon le document, "l'antibiorésistance pourrait devenir l'une des principales causes de mortalité dans le monde, en remettant en question la capacité à soigner les infections, même les plus courantes".

En 2017, 759 tonnes d'antibiotiques destinés à la santé humaine ont été vendus. 93% des prescriptions ont été faites dans le cadre de la médecine de ville, 7% dans les établissements de santé. Malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation, le consommation d'antibiotiques en médecine de ville augmente sur dix ans.

En revanche, entre 2007 et 2017, l'exposition des animaux aux antibiotiques a diminué de 48% (499 tonnes d'antibiotiques destinés aux animaux vendus en 2017). Cette baisse est imputable aux efforts de la filière d'élevage, qui représente 95% des antibiotiques consommés par l'ensemble des animaux sur le territoire national..

La présence des antibiotiques dans l'environnement

Pour la première fois, le document analyse la diffusion de molécules antibiotiques dans l'environnement et leur rôle dans l'apparition de résistances bactériennes.

De nombreuses molécules se retrouvent dans les eaux consommées. Cela s'explique par l'incapacité des stations d'épuration classiques à éliminer ces molécules. L'épandage de lisiers et autres déchets issus de l'élevage diffusent également les antibiotiques dans les sols, de sorte que de nombreux résidus se retrouvent dans les nappes phréatiques. Les concentrations relevées varient entre 100 et 2000 nanogrammes par litre d'eau.

La connaissance sur les conséquences de cette présence doit être approfondie.

Le 14 novembre 2018, le gouvernement a confirmé la poursuite de la feuille de route adoptée en 2016, visant à diminuer la consommation d'antibiotiques et à réduire les conséquences sanitaires et environnementales de l'antibiorésistance. La feuille de route s'inspire de l'approche globale répondant au concept "Une seule santé" ("One health") définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).