Conseil de déontologie des médias : les propositions du rapport Hoog

Face à la crise de confiance du public envers les médias, aggravée par la diffusion de fausses informations sur Internet, le rapport Hoog présente les grandes lignes d'un futur conseil de déontologie de la presse.

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Une instance pour améliorer la crédibilité des médias

Missionné par le ministère de la culture, l’ancien PDG de l’Agence France-Presse, Emmanuel Hoog, a remis son rapport le 26 mars 2019 pour la création d'une instance d’autorégulation et de médiation de l’information.

Établi à partir de 200 auditions menées auprès de professionnels de l’information, ce rapport encourage la création d’un conseil de déontologie pour rétablir la confiance du public à l'égard des médias. Selon un récent sondage, seulement 25% des Français feraient confiance à l'information sur internet, 38% à la télévision, 44% à la presse écrite et 50% à la radio.

D’après le rapport, la place de plus en plus importante des plateformes numériques dans l'information et la propagation des fausses nouvelles rendent pertinentes la création d’une telle instance.

Dépourvue de pouvoir de sanction, elle pourrait rendre des avis et des recommandations sur les contenus journalistiques de tous les médias reconnus (télévisions et radios publiques, presse écrite et en ligne). Elle permettrait ainsi aux citoyens de disposer d’une voie de recours plus simple et rapide que la voie judiciaire en cas de manquement à la déontologie.

Cette instance participerait également à des missions de médiation pour les affaires civiles (droit à l’image, respect de la vie privée, etc.). Par ailleurs, elle favoriserait la transparence en fournissant des informations au public sur les bonnes pratiques du journalisme.

Une instance qui ne doit pas empiéter sur la liberté de la presse

Des conseils de presse existent déjà dans 18 pays de l’Union européenne. Néanmoins, la création en France d'un tel conseil divise la profession. Certains interlocuteurs y voient un risque de censure ou encore d'unification des contenus qui pourraient porter atteinte à la liberté et au pluralisme.

Le rapport recommande que cette nouvelle instance soit non publique pour garantir son indépendance vis-à-vis de l'État. Elle devrait être créée à l'initiative des professionnels des médias et prendre la forme d'une association, dans laquelle seraient représentés les éditeurs, les journalistes et les citoyens.

Le budget annuel de ce conseil, évalué entre 1 et 2 millions d’euros, pourrait être financé par les adhérents de l'association et par une participation de l’État inférieure à 50%, dans un souci d'indépendance.