Laïcité : un principe républicain essentiel pour 69% de l’opinion publique

L'étude d'opinion réalisée pour l'Observatoire de la laïcité fait ressortir qu'une large part de l'opinion publique regrette les difficultés à appliquer au quotidien ce principe, et son éventuel instrumentalisation, créant des conflit et des divisions. Ainsi, 44 % d'entre eux considèrent que la laïcité doit être un élément de cohésion nationale.

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Un fronton sur lequel est inscrit la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité.
Le défi à relever selon une majorité de l’opinion publique tient notamment à la montée des intolérances. ©luxpainter - stock.adobe.com

Un attachement très majoritaire

L’Observatoire de la laïcité a publié en janvier 2019 les résultats d’une étude sur la perception de la laïcité par l’opinion publique en France. L’étude a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 2000 personnes en novembre 2018.

Près de trois personnes sur quatre sont attachées à la laïcité telle qu’elle est définie par la loi du 9 décembre 1905, à savoir un principe qui sépare l’État des religions, permet à chacun de croire ou de ne pas croire, garantit la neutralité des fonctionnaires et l’impartialité de l’administration vis-à-vis de tous.

Ce taux atteint 85 % chez les personnes âgées de plus de 65 ans, il est de 71 % pour la tranche d’âge des 18-24 ans et de 59 % pour les 25-34 ans. Par ailleurs, 69 % des personnes interrogées estiment que la laïcité est un principe républicain essentiel.

Les personnes les plus aisées (cadres, catégories socio-professionnelles supérieures) ou plus âgées sont à la fois mieux informées sur la définition de la laïcité et plus attachés à ce principe : 86 % des cadres et professions intellectuelles supérieures mais 59 % des ouvriers.

Il existe peu de différences entre croyants et non-croyants de manière générale. En revanche les écarts sont plus marqués selon la religion des personnes interviewées ; 72 % des protestants et 60 % des catholiques considèrent que la laïcité protège selon le droit les pratiquants des différentes religions contre seulement 45 % des musulmans. L’étude suggère que cet écart pourrait être en partie attribué à un sentiment de discrimination.

Une nécessité d’appliquer la laïcité au quotidien

L’enquête montre un écart entre la perception de « la laïcité telle qu’elle existe dans le droit et la laïcité appliquée au quotidien ». En effet, 44 % des répondants considèrent que la laïcité est un principe qui devrait rassembler mais seuls 18 % jugent qu’elle rassemble effectivement contre 37 % qui estiment qu’elle divise.

Par ailleurs, 21 % jugent que la laïcité est globalement bien appliquée par les pouvoirs publics et 39 % qu’elle est plus ou moins bien appliquée. 67 % pensent que la laïcité est trop souvent instrumentalisée par les personnalités politiques.

Le défi à relever selon une majorité de l’opinion publique tient plus à la montée des intolérances entre les différentes communautés religieuses qu’aux crispations engendrées par le port de signes religieux. Cependant 46 % considèrent que la séparation entre l’État et la religion qui découle de la loi de 1905 est adaptée et ne doit pas être modifiée contre 22 % qui souhaitent une séparation plus stricte et 11% une séparation moins stricte.