UE-Mercosur : un accord commercial historique mais contesté

Le 28 juin 2019, les représentants de l’Union européenne et du Mercosur, le marché commun du Sud qui comprend plusieurs États de l’Amérique latine, sont parvenus à un projet de traité en vue de la signature d’un accord commercial de libre-échange. Le texte devrait supprimer à terme plus de 90% des droits de douane entre les deux marchés.

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Accord commercial entre l'UE et le MERCOSUR, poignée de main graphique avec drapeaux des pays concernés.
Concernant une population de 780 millions de personnes et un quart du PIB mondial, cet accord va créer une zone d’échange d’une ampleur exceptionnelle. © Rudie - stock.adobe.com

Le Marché commun du Sud

Le Mercosur (Mercado Común del Sur en espagnol, Mercosul en portugais) est une alliance économique des pays d’Amérique du Sud créée en 1991. Ses membres permanents sont l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay et le Venezuela (suspendu en 2017). La Colombie, le Chili, le Pérou, la Bolivie et l’Équateur, le Guyana et le Suriname ont le statut de membres associés.

Le Mercosur est le troisième marché intégré au monde après l’Union européenne et la zone de libre-échange nord-américaine (accord Canada–États-Unis–Mexique).

Vers la zone de libre-échange la plus grande au monde

Le texte signé avec l’UE est le premier traité de ce type conclu par le Mercosur. Concernant une population de 780 millions de personnes et un quart du PIB mondial, cet accord va créer une zone d’échange d’une ampleur exceptionnelle. Selon l’UE, il doit permettre aux entreprises européennes d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros de droits aux frontières par an.

Le texte vise en effet à abaisser les droits de douane et à assurer l’accès au marché dans plusieurs domaines (agriculture, services, biens industriels, marchés publics).

Le texte soulève des fortes inquiétudes chez les agriculteurs européens. En France, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et les Jeunes Agriculteurs se mobilisent contre ce qu’ils appellent une "remise en cause de notre agriculture, mais aussi de notre alimentation, de la santé des consommateurs et des engagements climatiques".

Pour entrer en vigueur, le traité doit être ratifié par tous les États membres de l’UE et par le Parlement européen.