Ingérence électorale étrangère : une nouvelle résolution du Parlement européen

Campagnes de désinformation sur les médias sociaux, cyberattaques visant des infrastructures liées aux élections, soutien financier direct et indirect en faveur d’acteurs politiques, l’interférence étrangère sur les élections peut prendre diverses formes.

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Hacker informatique en capuche noire.
Les eurodéputés appellent les entreprises d'internet et des médias sociaux à coopérer pour lutter contre la désinformation, sans porter atteinte à la liberté d'expression. ©  pict rider - stock.adobe.com

Dans une résolution adoptée le 10 octobre 2019 par 469 voix pour, 143 voix contre et 47 abstentions, le Parlement européen souligne la menace que représentent les ingérences électorales étrangères pour les sociétés démocratiques européennes .

Une situation alarmante pour le processus démocratique selon le Parlement

Selon la résolution adoptée par le Parlement européen, l’ingérence électorale étrangère est récurrente depuis quelques années et revêt différentes formes.

Alors que la plupart des pays membres de l’Union européenne (UE) interdisent totalement ou partiellement les dons étrangers aux partis et candidats politiques, il n’est pas rare que des acteurs étrangers contournent les règles.

Le nombre de cas de désinformation attribués à des sources russes depuis janvier 2019 (998 cas) représente plus de deux fois le nombre de cas recensés pour la même période en 2018 (434 cas); 

Des "actions agressives" sont menées par des pays tiers qui cherchent à miner la souveraineté des pays candidats à l’adhésion de l’UE des Balkans occidentaux.

Au niveau mondial, des groupes d’extrême droite recourent à la désinformation à grande échelle sur les plateformes de médias sociaux. Cette désinformation pourrait avoir eu une incidence sur le recul de l’égalité entre les hommes et les femmes et des droits des personnes LGBTI.

Comment prévenir ces ingérences ?

Depuis quelques années, l'UE a pris des mesures visant à lutter contre la désinformation (plan d’action de la Commission européenne contre la désinformation du 5 décembre 2018, plusieurs résolutions du Parlement en 2016, 2019).

Or, plus de cinquante élections présidentielles, nationales, locales ou régionales doivent avoir lieu dans les États membres d’ici la fin de l’année 2020.

Le Parlement estime que l’ingérence électorale dans un État membre a des répercussions pour l’ensemble de l’Union européenne. Elle peut avoir aussi une incidence sur la composition des institutions européennes.

Les eurodéputés demandent un renfort de la "Task force East Stratcom" de l’UE (une cellule ayant pour mission de repérer les informations trompeuses sur la toile) pour en faire une structure permanente, avec un financement plus élevé. 

Ils appellent les entreprises d'internet et des médias sociaux à coopérer pour lutter contre la désinformation, sans porter atteinte à la liberté d'expression, et l'UE à créer "un cadre juridique pour combattre les menaces hybrides".