Quelle adaptation du littoral au changement climatique ?

Le phénomène de l'érosion côtière (ou retrait du trait de côte) ne fait pas aujourd'hui l'objet d'une politique publique spécifique. Un rapport préconise d'adapter l'aménagement du littoral au changement climatique.

2 minutes
Exemple d'aménagement du littoral avec une embouchure de rivière aménagée.
Selon le ministère de l'écologie, on compte plus de 650 km en recul, dont 270 km à une vitesse moyenne de 50 cm par an. © Patrick Hemdé - stock.adobe.com

Dans son rapport "Quel littoral pour demain ?", mis en ligne le 28 novembre 2019, le député Stéphane Buchou expose les démarches pionnières et les cas concrets pouvant permettre de "repenser l’élaboration des politiques publiques" face au phénomène de l'érosion côtière, loin d'être nouveau et déjà fort documenté

Le double phénomène de l'érosion et de l'attractivité croissante des zones côtières

La notion de "dynamique littorale", préférée dans le rapport à celle de l'érosion côtière ou au "recul du trait de côte", est un phénomène naturel, aggravé au niveau mondial par les conséquences du changement climatique et la croissance démographique soutenue des territoires côtiers. 

Selon le ministère de l'écologie, plus de 20 000 km de littoral français, dont 22% des zones côtières, sont soumises à un phénomène d’érosion. On compte plus de 650 km en recul, dont 270 km à une vitesse moyenne de 50 cm par an. Dans le même temps, les communes littorales concentrent 10% de la population et 12% des surfaces construites. Les scénarios pour 2040 dont fait état le réseau national des observatoires du trait de côte prévoient une augmentation de 4,5 millions d’habitants pour les départements littoraux.

 

Quelles solutions pour gérer le recul de la côte ?

Parmi les 15 recommandations "concrètes", la mission propose : 

  • une définition juridique de la "dynamique littorale" et son inscription dans le code de l'urbanisme de sorte de permettre une politique publique d'aménagement des littoraux affectés ; 
  • le renforcement des observatoires de la dynamique littorale, notamment de leurs actions de communication (en particulier vers les acquéreurs ou les locataires concernés) ; 
  • l'inscription dans le code de l'urbanisme de projets d'aménagement inédits, les "projets Litto 21" ;
  • la création d'une autorité administrative, sous la forme d'un comité national de l'aménagement littoral, ayant compétence pour légaliser les projets de recomposition spatiale (projets Litto 21) établis par les intercommunalités littorales ; 
  • l'accroissement des dotations aux collectivités porteuses de projets Litto 21. La mission propose également la création d'un fonds d’aménagement littoral alimenté par une augmentation de la taxe communale additionnelle aux droits de mutation immobilière.