Robotisation des emplois de service : les recommandations du Sénat

Un rapport du Sénat sur l'impact de la robotisation et de l'intelligence artificielle dans les emplois de service formule des recommandations pour accompagner au mieux les changements à venir.

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Caisses en self service dans un supermarché
Dans le commerce, les caisses en self service sont un exemple de robotisation © Joshhh - Stock.adobe.com

Le développement de la robotique et de l’intelligence artificielle viennent bouleverser les usages professionnels dans le secteur des services.

Ces avancées technologiques constituent-elles une menace pour l’emploi ou au contraire une chance ? C’est la question à laquelle tente de répondre un récent rapport du Sénat.

La robotisation devrait faire disparaître entre 10 et 15% des emplois

Apanage du secteur industriel pendant longtemps, la robotique s’étend aujourd’hui au secteur des services qui représente 70% des emplois en France. Ce développement, rendu possible par les progrès technologiques en matière d’intelligence artificielle (IA), fait craindre un remplacement progressif de la main d’œuvre dans des secteurs qui n’étaient jusque-là pas concernés.

Selon les estimations, entre 10 à 15% des emplois actuels pourraient être détruits par l'automatisation d'ici une vingtaine d'années. Mais d'autres emplois seront amenés à se développer dans les années à venir.

Aujourd'hui, les robots sont principalement utilisés dans les domaines de :

  • l’agriculture (la machine peut remplacer l’homme dans les taches mécaniques et rébarbatives comme la traite qui représente 90% des robots commercialisés dans le secteur) ;
  • la logistique et les transports (optimisation du stockage, manutention de produits) ; 
  • la sécurité et la défense (reconnaissance faciale, plus grande capacité d’analyse en situation avec l’IA) ; 
  • les services financiers (automatisation des processus, évaluation des risques-clients, algorithmes d’analyse des marchés financiers) ; 
  • la santé et le soin (bio-informatique, applications de e-santé, télémédecine) ; 
  • le commerce, les loisirs et le tourisme (caisses automatiques, jeux vidéos, recours à l’IA pour la réservation de vols ou d’hôtels sur Internet).

La France en retard en matière de déploiement des robots

En matière de robotique, la France est en retard sur ses voisins et concurrents (18e rang mondial). 

Le rapport du Sénat estime qu'il ne faut pas freiner le progrès technique, mais plutôt accompagner la transformation des emplois du secteur. Ces nouvelles technologies pourraient permettre d'améliorer la qualité des services rendus aux utilisateurs, par exemple dans le cadre de l'accompagnement des personnes âgées dans les établissements de soins. 

Dix propositions sont formulées pour faire face à cette robotisation. Parmi celles-ci :

  • assurer une couverture numérique du territoire, afin d'éviter une robotisation à plusieurs vitesses ; 
  • évaluer l'impact de la robotisation en termes d'emploi, de compétences, de bien-être au travail, de compétitivité et de performance dans les secteurs concernés ;
  • encourager le partage de données entre les entreprises pour favoriser l'innovation. 90% des données des entreprises ne seraient pas partagées selon le rapport Villani ;
  • améliorer l'apprentissage des technologies numériques dans le secteur scolaire et, dans l'enseignement supérieur, développer les capacités d'adaptation et de créativité des étudiants ; 
  • former davantage aux métiers de la robotisation en renforçant notamment la formation continue. Le rapport préconise un droit à la reconversion pour les salariés dont les emplois sont supprimés par l'automatisation ; 
  • prendre en compte les risques induits par la robotisation dans les conditions de travail et les intégrer dans les négociations sociales en entreprise.