Véhicule électrique : un projet européen pour la production de batteries

La France et l'Allemagne lancent un plan "Airbus" des batteries électriques. Plusieurs milliards d'euros vont être investis pour permettre à l'Europe de produire des batteries électriques et ne plus dépendre des approvisionnements extérieurs dans un contexte de développement du véhicule électrique.

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Batterie électrique
La première étape est désormais lancée. Il s'agit de la construction d’une usine pilote sur le terrain de l’usine de Saft en Charente. © kaboompics - Pixabay

C'est à Nersac, en Charente, que le président de la République a lancé le programme "Airbus des batteries électriques". Le nombre de véhicules électriques en circulation est appelé à croître fortement et, en 2030, le marché européen des batteries automobiles est estimé à environ 400 GWh. Or, aujourd'hui, 85% de ces batteries sont produites par des groupes industriels japonais, coréen et, avant tout, chinois. L’Europe ne couvre que 3% des volumes de production à l’échelle mondiale. La batterie, l’équipement central d’une voiture électrique, représente pourtant entre 30 et 40% de la valeur du véhicule. 

Depuis plusieurs années, la France et l’Allemagne plaident pour la création d’un consortium européen spécialisé dans la conception et la production de batteries pour voitures électriques. 

Une filière européenne autonome de production de batteries

La première étape est désormais lancée. Il s'agit de la construction d’une usine pilote sur le terrain de l’usine de Saft en Charente. Elle représente un investissement de 200 millions d’euros pour la mise au point, la qualification et l’industrialisation de nouvelles technologies de batteries lithium-ion de haute performance.

Cette phase doit permettre de décider ensuite de l’investissement dans une usine de fabrication à grande échelle (8 GWh dans un premier temps, 24 GWh à terme). Cette dernière serait située dans la région Hauts-de-France. Une seconde usine de la même capacité, pour atteindre à horizon 2030 une capacité cumulée de 48 GWh, serait construite en Allemagne. Il est projeté de fabriquer un million de batteries par an, soit environ 10 à 15% du marché européen.

La fabrication des batteries, une chaîne de valeur stratégique

Pour que l’UE devienne un acteur industriel de premier plan, la Commission européenne a accordé à ce projet le statut de "projet important d’intérêt européen  commun" (PIIEC). Lorsque des initiatives privées ne peuvent se concrétiser en raison des risques importants inhérents à un projet, le PIIEC permet aux États membres de combler conjointement le déficit pour surmonter ces défaillances du marché.

Le 2 mai 2019, la France, l'Allemagne et la Commission européenne ont annoncé le lancement de l'Europe sur le marché de la batterie afin de proposer une alternative aux constructeurs automobiles obligés de se tourner vers l'Asie. Le 9 décembre 2019, la Commission a autorisé, en vertu des règles de l'UE en matière d'aides d'État, le projet d'intérêt européen commun qui a été notifié conjointement par l'Allemagne, la Belgique, la Finlande, la France, l'Italie, la Pologne et la Suède. 

Au cours des prochaines années, ces sept États membres contribueront à hauteur de quelques 3,2 milliards d'euros au financement de ce projet, qui devrait permettre de mobiliser cinq milliards d'euros supplémentaires en investissements privés. Selon les estimations, 20 à 30 usines géantes devraient être construites en Europe pour assurer la production de cellules de batterie.