Jeunes sans étude, emploi ou formation (NEET) : quelle situation en 2018 ?

La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publie une étude sur la situation en 2018 des 16-25 ans sans études, emploi ou formation. Si leur nombre est en diminution depuis 2015, l’enquête tente de cerner le profil et le parcours de ces jeunes en mal d’insertion.

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Jeune homme à capuche solitaire assis seul dans un bâtiment abandonné.
Parmi les facteurs déterminants on note la situation familiale, le niveau d’activité des parents, la dépendance au foyer familial et la situation de handicap reconnue administrativement. © motortion - stock.adobe.com

NEET pour "Not in Education Employment or Training”. C’est le terme employé par l'office européen chargée des statistiques, Eurostat, pour les désigner. Ils étaient 963 000 jeunes recensés en 2018, soit 12,9% de la classe d'âge de 16 à 25 ans, sortis du parcours scolaire, sans emploi et sans formation dans les 4 mois ayant précédé l’enquête (contre 13,7% en 2015) révèle l'étude de la Dares.

Le profil des jeunes NEET

L'étude fait le constat que le nombre de jeunes qui rentrent dans la catégorie NEET croît avec l'âge : de 21 000 pour les 16 ans, il atteint 128 000 pour les jeunes de 20 ans. Fait marquant révélé par l'enquête : dans la classe d'âge des 16-17 ans, 50% des jeunes interrompant leur scolarité au niveau du collège ou en cours de BEP ou de CAP entrent dans la catégorie NEET, même si in fine ils représentent une faible proportion (3%) du total des 963 000 jeunes "NEET" recensés.

Parmi les facteurs déterminants, on note la situation familiale (monoparentale ou non), le niveau d’activité des parents (en emploi ou non), la dépendance au foyer familial et une situation de handicap reconnue administrativement.

Un jeune ayant décroché du système scolaire, vivant dans un foyer monoparental et dont la mère ou le père est au chômage ou inactif, tel est le profil qui a le plus de probabilité de rentrer dans la catégorie NEET. La situation résidentielle est un marqueur important. Les jeunes NEET habitent plus longtemps chez leur(s) parent(s) tandis que les jeunes actifs cherchent plus rapidement leur indépendance. 

Des difficultés d'insertion

Parmi les jeunes NEET recensés, la moitié a connu une période d’inactivité ou de chômage dans l’année, et, pour deux tiers d’entre eux, ils sont sortis d’une période d’étude depuis plus de trois mois. Ceux précédemment passés par une période d’emploi sont plus enclins à entreprendre une démarche d’insertion professionnelle. 88% d’entre eux sont en contact avec un dispositif de service public d’emploi (SPE), qu'il s'agisse de Pôle emploi, d'associations ou d'autres dispositifs d'insertion.

Les difficultés se concentrent davantage sur les jeunes NEET n’ayant pas connu de situation professionnelle depuis plus d’un an ou qui sont sortis des dispositifs SPE. Parmi eux, seul un sur huit est en recherche active d’emploi. Pour les autres, les raisons invoquées sont diverses : une période d’attente d’une réponse à une candidature, des problèmes de santé, la conviction de ne pas trouver d’emploi, des difficultés à faire garder un enfant pour les femmes seules. Ils sont 26% à déclarer ne pas vouloir travailler. 

Un dispositif de la loi du 28 juillet 2019 "pour une école de la confiance" prévoit que tout jeune de 16 à 18 ans doit se voir proposer un apprentissage ou un emploi par des missions locales. Cette mesure spécifique doit être effective en 2020. Dans cette catégorie d'âge, 60 000 jeunes sont concernés.