Une meilleure gestion de l'eau pour lutter contre les effets du dérèglement climatique

Alors que le réchauffement climatique dépassera probablement 1,5°C après 2030 d'après le GIEC, le rapport des Nations Unies concernant les ressources en eau insiste sur l'urgence à renforcer les moyens consacrés à la gestion de cette ressource d'autant que l'eau peut également faire partie des solutions au dérèglement climatique.

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3,9 milliards d'êtres humains souffriront en 2050 d'un accès difficile à l'eau. Ce sont les projections publiées par l’Agence néerlandaise d’évaluation environnementale en 2014 que relève le rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau publié à l'occasion de la journée mondiale de l'eau qui se déroulait le 22 mars dernier. Cette pénurie annoncée qui toucherait dans 30 ans 40% de la population mondiale est la résultante de multiples facteurs, humains et naturels.

L'impact des activités économiques et de l'urbanisation

L'accroissement de l'activité économique humaine contribue fortement à la diminution des ressources en eau. L'industrie (en particulier le secteur de la production d'énergie) et l'agriculture puisent à elles seules 88% des ressources mondiales en eau douce.

La concentration de plus en plus forte de la population dans les villes (70% de la population à l'horizon 2050) multiplie les besoins en eau et en infrastructures de traitement (stations d'épuration, aqueducs...) et accélère l'urbanisation et la destruction des terres humides, fragilisant l'écosystème.

Au cours des 100 dernières années, l’utilisation mondiale d’eau a été multipliée par six et continue d'augmenter d'1% chaque année.

L'effet des catastrophes climatiques

Tempêtes, sécheresse, vagues de chaleur... ces aléas climatiques successifs en forte augmentation ces dernières années ont un impact direct sur les ressources en eau :

  • réduction des réserves d'eau naturelles par l'effet de l'évaporation liée aux fortes chaleurs ;
  • contamination et salinisation des zones humides, sources de filtrage naturelles ;
  • détérioration des équipements de traitement (bassins d'assainissement, usines de désalinisation) ou d'acheminement de l'eau (canalisations, aqueducs...).

Quelles solutions ?

Si le réchauffement climatique est planétaire, l'intensité des catastrophes naturelles qu'il engendre est variable selon les hémisphères et les régions du monde (inondations à répétition au nord, sécheresse au sud...). Les effets produits sur les ressources en eau sont transfrontaliers et les réponses pour y faire face doivent être régionales et concertées entre pays plutôt que nationales (moyens mutualisés, accords régionaux).

Parmi les préconisations énoncées dans le rapport pour réduire les risques de pénurie généralisée, on note également :

  • une meilleure préservation des écosystèmes (forêts, terres humides, zones de captages) qui constituent un remède écologique naturel au stress hydrique ;
  • la recherche de moyens technologiques pour réduire les ressources en eau nécessaires dans les secteurs de l'industrie et de l'agriculture ;
  • le développement des systèmes de recyclage des eaux usées ;
  • un élargissement des outils de financement par le biais de programmes sur les changements climatiques (Fonds vert, Banque mondiale...).

Enfin, conclut le rapport, traiter la question de l'eau c'est contribuer à lutter contre les causes et les effets des changements climatiques ce qui constitue de fait un cercle vertueux.

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