COVID-19 : de nouveaux indicateurs pour améliorer le suivi de l’épidémie

Pour répondre à la forte demande de données sur l’épidémie du COVID-19 et avoir une représentation plus fidèle de son évolution quotidienne, Santé publique France actualise ses indicateurs.

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Santé Publique France a présenté un nouveau dispositif de surveillance du COVID-19. L'objectif est de se rapprocher d’un suivi en temps réel de l’épidémie.

Un dispositif de suivi évolutif

Le 14 mars, la France est passée en stade 3 de l’épidémie de Covid-19. Le stade 1 (apparition des tous premiers cas sur le territoire) et le stade 2 (apparition de cas regroupés ou "clusters" sur plusieurs endroits du territoires) permettaient les signalements individuels et le décompte général des cas. Le stade 3, correspondant à une diffusion large du coronavirus sur l’ensemble du territoire, nécessite d’adapter régulièrement les indicateurs, ainsi que leur nombre, pour assurer le suivi sanitaire de l’épidémie.

Depuis le passage en stade 3, le directeur général de Santé publique France présente quotidiennement les chiffres suivants : nombre de cas confirmés, nombre de cas grave en réanimation, nombre de patients guéris sortis de l’hôpital, nombre de décès. Ces chiffres sont calculés à l’aide d’indicateurs collectés principalement dans les bases de données alimentées par les hôpitaux.

Si ces chiffres sont mis à jour quotidiennement, ils sous-estiment cependant l’évolution en temps réel de l’épidémie :

  • le nombre de cas confirmés se limite aux tests effectués sur les cas les plus graves ;
  • ces indicateurs ne prennent en compte que les décès survenus à l’hôpital. Le suivi des décès en établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes (EHPAD) n’est pas assuré en temps réel, mais au terme de l’épidémie au sein de ces établissements. 

Vers des indicateurs plus représentatifs

    Pour mieux évaluer le nombre de cas de COVID-19, Santé publique France assure à présent un suivi épidémiologique en s’appuyant sur les données communiquées par les professionnels de santé (médecins de ville, SOS Médecins, laboratoires, etc.).

    De plus, les médecins du réseau Sentinelles suivent désormais le nombre de cas d’infection respiratoire aiguë (IRA) vus en consultation. Les cas signalés répondent à la définition suivante : apparition brutale de fièvre (ou sensation de fièvre), et de signes respiratoires (comme la toux, un essoufflement ou une sensation d’oppression thoracique). Cette surveillance clinique est complétée par une surveillance virologique pour connaitre la part due au SARS-CoV-2 parmi ces infections. De même, l'étude Grippenet devient COVIDnet à compter du 30 mars 2020. Cette étude recueille directement auprès de la population des données épidémiologiques sur la grippe et le COVID-19, par Internet et de façon anonyme.

    Le gouvernement a par ailleurs annoncé le développement d’une application permettant aux EHPAD de communiquer en temps réel sur le nombre de décès.
    Santé publique France assure également une surveillance de la mortalité en général, à l’aide des fichiers d’état civil de chaque mairie, afin d’analyser l’apparition éventuelle d’épisodes de surmortalité sur certains territoires.