Confinement : un bénéfice écologique de court terme

D'après le Haut Conseil pour le climat (HCC), la baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) consécutive à la période de confinement, si elle n'est que conjoncturelle, n'aura que peu d'effets. La crise actuelle doit donc servir de rebond pour accentuer la mise en place de mesures structurelles visant à la neutralité carbone à l'horizon 2050.

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"Marginale et transitoire" au regard des objectifs de neutralité carbone en 2050, selon le HCC chargé d’émettre des avis et des recommandations sur les politiques mises en œuvre en matière de réduction des émissions de GES. C'est ainsi que le Haut Conseil qualifie la baisse de la pollution atmosphérique liée à la mise en place du confinement dans son rapport "Climat, santé : mieux prévenir, mieux guérir" publié le 21 avril 2020.

 

Une baisse des émissions de gaz à effet de serre

Les estimations de réduction d'émissions de GES durant la période de confinement, annexées au rapport, font état d’une baisse de 30%. Elle est liée essentiellement à la diminution des émissions liées au transport routier (qui comptent pour 60% de la réduction totale) et à l'arrêt presque complet de l'activité aéronautique. D'ici la fin de l'année 2020, elle pourrait représenter 45 millions de tonnes équivalent CO2, soit environ 10% de la quantité annuelle de dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère.

 

Une "relance" verte intégrant l'urgence climatique

S'appuyant sur les travaux des communautés scientifiques, le HCC rappelle le lien de causalité entre l'émergence de pandémies dont la source est le milieu animal et la crise environnementale liée à l’activité humaine (défrichements, fragmentation des habitats naturels...).

Sur cette base, le HCC préconise d'intégrer plus que jamais, dans les plans de "relance" qui suivront la crise, les mesures d'urgence climatique, en particulier :

  • la prise en compte des travaux de la Convention citoyenne pour le climat constituée avant la crise ;
  • l'évaluation des mesures du plan de relance par le Conseil de défense écologique ;
  • le conditionnement des aides fiscales aux entreprises au respect de la stratégie bas-carbone.

En maîtrisant les risques

Par ailleurs, le HCC attire l'attention sur les risques, à la sortie de cette crise, d'un verrouillage des politiques de "décarbonation" adoptées lors des sommets sur le climat (Accords de Paris, COP...) au titre d'impératifs de relance de l'activité économique notamment avec la baisse conjoncturelle du prix du baril de pétrole. De même, concernant le système européen d’échanges de quotas d’émissions de gaz à effet de serre, le HCC préconise l’adoption d’un prix-plancher croissant afin que les efforts réalisés pour recourir à des énergies non fossiles, qui deviendraient beaucoup moins compétitives, ne soit pas remis en question.

En conclusion, selon le HCC, il apparaît nécessaire d'intégrer des changements structurels plus profonds dans les plans de sortie de cette crise sanitaire liée à l'épidémie de COVID-19 :

  • pour éviter que le bénéfice écologique lié à cette période de confinement ne soit de courte durée ;
  • mais aussi pour réduire les risques de nouveaux épisodes pandémiques.

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