Crise du coronavirus : quel impact sur les métiers ?

Télétravail, arrêt total ou partiel d'activités non essentielles, mobilisation face à l'urgence… Les mesures imposées par l'épidémie de COVID-19 influent sur les conditions de vie et de travail, accentuant certaines vulnérabilités et en créant d'autres.

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France Stratégie a publié en avril 2020 une note intitulée "Les métiers au temps du corona" qui dresse une typologie des métiers en fonction de leurs vulnérabilités dans la crise.

Les vulnérabilités affectant les métiers

La crise sanitaire se double d'un choc conjoncturel induisant des effets économiques variables selon les secteurs d'activité. Il exacerbe les risques habituellement attachés à ceux-ci et en génère de nouveaux.
France Stratégie a identifié trois facteurs de vulnérabilité et défini des indicateurs qui les mettent en évidence :

  • la vulnérabilité économique liée au risque de perte d'emploi pendant et après le confinement. Elle se fonde sur le secteur d'activité, la capacité à travailler à domicile et la part des statuts précaires ;
  • la vulnérabilité des conditions de vie, liée à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, aux contraintes financières ou à la situation de handicap ;
  • la vulnérabilité des conditions de travail. Elle est due aux horaires atypiques, aux difficultés physiques (postures pénibles, charges lourdes, exposition à des nuisances), à l'intensité du travail (pression temporelle, charge mentale) ou au contact avec le public.

Cinq types de métier

L'évaluation des indicateurs de vulnérabilité pour chaque profession permet de distinguer :

  • les "vulnérables de toujours" : ces 4,2 millions de personnes cumulent l'impossibilité de travailler à distance et un statut souvent précaire (près d'une sur cinq exerce en contrat à durée déterminée ou en intérim). Il s'agit en majorité d'hommes (77%), artisans et ouvriers de l'industrie et du bâtiment, confrontés traditionnellement à des conditions d'existence et de travail difficiles ;
  • les "nouveaux vulnérables" (4,3 millions d'emplois) : ils affrontent une crise inédite, leur métier les mettant au contact direct de la population. Leurs activités sont ralenties ou interrompues, et leur statut les fragilise (31% ont un contrat non permanent ou sont indépendants sans salarié). Dans ces métiers du transport, de l'hôtellerie-restauration, des services aux particuliers, de l'art, de la culture et du sport, l'incertitude sur l'avenir en sortie de confinement s'ajoute à la vulnérabilité financière ;
  • les professionnels directement ou indirectement "au front" (10,4 millions) dont l'activité est jugée prioritaire : métiers de la santé, de l'éducation, de la propreté, de l'alimentaire et de sa distribution, et professions régaliennes (armée, police, pompiers). Ils sont peu vulnérables économiquement mais soumis à un risque infectieux par le contact avec le public (pour 73% d'entre eux). Ces professions, exercées à 65% par des femmes, connaissent une intensification du travail ;
  • les télétravailleurs (3,9 millions), exposés à un nouveau risque : l'hyperconnectivité. Cela concerne essentiellement des cadres qui assurent à distance la continuité du travail et préparent la reprise d'activité. Soumis d'ordinaire à une très forte intensité de travail, ils voient leur charge mentale et leur difficulté à concilier vie professionnelle et vie privée s'accroître ;
  • des professions intermédiaires et employés qualifiés (4 millions) : beaucoup, contraints à l'inactivité partielle, sont protégés du licenciement à court terme par leur statut. Mais leur difficulté à télétravailler les expose à des risques d'éloignement de la sphère professionnelle et de désocialisation.