COVID-19 : l'INSEE mesure une surmortalité jusqu'au début avril

Entre le 2 mars et le 30 avril 2020, la France a connu une augmentation de sa mortalité par rapport aux deux années précédentes. Cet épisode de surmortalité a plus particulièrement touché les personnes âgées et les zones les plus denses.

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Dans le contexte de crise sanitaire liée à l’épidémie de COVID-19, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) poursuit son analyse de l’évolution des décès, entamée au début du mois de mars.

Selon une nouvelle étude publiée le 29 mai 2020, entre le 1er janvier et le 30 avril, la hausse des décès enregistrés est de 18 571 par rapport à la même période en 2019 et de 14 781 par rapport à 2018. Sur la période entre le 1er mars et le 30 avril 2020, l'écart est plus élevé. Le nombre de décès est supérieur de 26% à celui enregistré à la même époque en 2019 et de 16% à 2018. Globalement, l’INSEE constate une hausse progressive du nombre de décès jusqu'au 5 avril, avant une décrue qui se poursuit jusqu'au 30 avril.

Des territoires diversement impactés

En métropole, les deux régions les plus touchées sont l’Île-de-France (+98% de décès supplémentaires) et le Grand Est (+54%). Suivent les régions Hauts-de-France (+27%) et Bourgogne-Franche-Comté (+25%). En outre-mer, Mayotte est de loin le département le plus touché (+24%).

Au niveau départemental, trois départements comptent au moins deux fois plus de décès entre le 1er mars et le 30 avril 2020 que sur la même période de 2019. Il s’agit de la Seine-Saint-Denis (+123%), du Haut-Rhin (+115%) et des Hauts-de-Seine (+112%). 

L’INSEE constate par ailleurs un lien entre excédent de mortalité et densité de population. Les communes les plus denses concentrent la plus forte augmentation des décès (+49% contre +26% en moyenne sur la France entière). Des disparités apparaissent toutefois entre les communes de 100 000 habitants et plus. Des communes telles que Caen, Brest ou Clermont-Ferrand n’ont pas connu d’excédent de mortalité. En revanche, d’autres communes ont connu une forte hausse des décès : Saint-Denis (+172%), Mulhouse (+165%), Strasbourg (+111%), Argenteuil (+109%) et Paris (+98%).

Les personnes âgées davantage touchées

Cette surmortalité touche très majoritairement les personnes de 65 ans ou plus. Entre le 1er mars et le 30 avril, la hausse de mortalité est de 25%, avec peu d’écart entre les femmes (+25%) et les hommes (+26%). Une hausse de la mortalité un peu plus marquée pour les hommes apparaît dans les deux régions les plus touchées par le COVID-19 : l’Île-de-France (+ 86% pour les femmes et +92% pour les hommes) et le Grand Est (+ 52% contre +57%).