L'aide sociale à l'enfance confrontée à la crise sanitaire

L’aide sociale à l’enfance (ASE) et à l’adolescence est parvenue à assurer ses missions durant le confinement, malgré des difficultés nouvelles nées de la crise sanitaire provoquée par l'épidémie de COVID-19.

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Le COVID-19 a touché 3,5% des personnels de l'aide sociale à l'enfance selon les données publiées par la direction de la recherche et des études de santé (Drees) le 20 mai 2020. Malgré la baisse des effectifs causée par les arrêts maladie liés au COVID-19, quatre services d’action éducative sur cinq déclarent avoir maintenu les visites à domicile. 

 

Les conséquences du confinement sur les enfants aidés

Dans de nombreux établissements, les jeunes ont changé de lieu de résidence pendant le confinement. Des jeunes sont retournés dans leur famille, d'autres, au contraire, ont dû être éloignés du milieu familial.

98% des établissements qui accueillent des enfants protégés déclarent avoir maintenu le suivi et le soutien scolaire d’au moins une partie des jeunes scolarisés. Cependant, ce suivi est partiel pour plus de quatre enfants sur cinq et 10% seulement des établissements ont pu poursuivre les visites à domicile pour l’ensemble de ces enfants. En outre, la continuité des suivis et des soins médico-psychologiques a été interrompue dans un quart des établissements de l’ASE.

La mise en place des gestes barrières a parfois posé des difficultés. Trois établissements sur cinq déclarent n’avoir pas du tout de masque pour les enfants non atteints par le COVID-19. Dans les établissements où des jeunes ont été contaminés (cas suspectés ou avérés), sept structures sur dix ne disposaient pas de masques pour l’ensemble des jeunes.

Les difficultés rencontrées par les personnels de l’ASE 

Par rapport à la situation d'avant le confinement, l’enquête constate une baisse des effectifs en charge de l’accueil des enfants protégés dans deux établissements sur trois de l’ASE et dans la moitié des services d’action éducative. Cela s’explique notamment par l’impératif de garde d’enfant des personnels. 

Comme pour les enfants, les personnels ne disposaient pas tous de masques au 5 avril 2020. De fortes disparités existaient entre les établissements. Un quart d’entre eux (hors lieux de vie) ne disposait pas de masque pour le personnel et pour les bénévoles en contact avec des enfants non atteints par le coronavirus. En revanche, dans la moitié des établissements, l’ensemble du personnel en était équipé.

Parmi les difficultés créées par la crise sanitaire, le personnel s'est inquiété lors des retours de fugues : "le problème du retour de fugue de jeunes n’ayant manifestement pas respecté les règles de confinement, générant de fortes craintes parmi le personnel, déjà particulièrement sous pression".

L’étude souligne l’implication des personnels présent qui n’ont quasiment pas utilisé le droit de retrait. De surcroît, ils ont effectué en moyenne plus d’heure qu’avant le confinement.