Prévenir les pandémies d’origine animale : ce que dit le Sénat

Un consensus scientifique se dégage à présent sur la pertinence du lien entre la pandémie de COVID-19 et les atteintes, en grande partie causées par l’Homme, sur la biodiversité et les écosystèmes naturels. Le Sénat présente différentes pistes d’action pour essayer de mieux prévenir, anticiper et gérer d'éventuelles futures crises.

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Depuis 60 ans, 75% des nouvelles infections apparues chez l'humain sont d'origine animale. La déforestation, l’expansion incontrôlée de l’agriculture, l’élevage intensif, l’artificialisation des sols, le commerce illégal et l’exploitation des espèces sauvages et protégées, la surpêche, l’exploitation minière, la mise en place de zones périurbaines, ont créé les "conditions parfaites" pour la propagation des maladies de la faune à l’être humain, selon un texte publié, fin avril 2020, sur la plateforme de l’IPBES (plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques).

Une communication du 20 mai 2020 de la Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat a ainsi qualifié de "super-alerte" la crise du COVID-19. Dans le cadre des plans de relance de l’économie, elle a formulé plusieurs recommandations où la place de la biodiversité reste essentielle afin de "ne pas subventionner de futures pandémies".

Privilégier une relance verte

La Commission préconise de privilégier les secteurs économiques et les investissements verts.

Elle appelle à agir contre la déforestation importée (via l'affichage environnemental des produits alimentaires), à favoriser une autre approche de la consommation alimentaire et à renforcer le réseau de zones sauvegardées, tant au niveau européen qu'au niveau national. Une autre proposition s’attache à la lutte renforcée contre le commerce illicite des espèces protégées (ainsi, par exemple, plusieurs pays sont impliqués dans le trafic illégal de pangolins).

Autres recommandations : investir massivement dans la recherche sur la biodiversité ainsi que renforcer les moyens d’action au niveau international concernant la biodiversité et la gouvernance des pandémies.

La gestion de l'eau et de l'assainissement : des services essentiels à la Nation

Pendant la crise sanitaire, une baisse de 80 à 90% des travaux sur les réseaux d’eau potable et d’assainissement a également été observée en France.

Dans ce contexte, pour faire face aux conséquences directes de cette crise sanitaire, plusieurs pistes sont avancées afin de soutenir les collectivités territoriales et les entreprises du secteur :

  • exonération de taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) pour les boues non épandables du fait des mesures de précaution sanitaire liées à l’épidémie ;
  • possibilité pour les communes de plus de 3 000 habitants d’accorder des subventions d’équilibre à leurs services publics locaux ;
  • défiscalisation des heures supplémentaires effectuées par les personnels pour une période de 6 mois, afin d’accompagner la reprise de l’activité.

Enfin, sur le plus long terme, les agences de l’eau doivent être financièrement sécurisées et les ambitions des Assises de l’eau maintenues.