Qualité des eaux de baignade en Europe en 2019 : de très bons résultats

Près de 85% des sites de baignade européens présentaient une eau d’excellente qualité en 2019. La propreté des eaux de baignade ne cesse de progresser en Europe, grâce à la mise en œuvre de politiques de protection environnementale.

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Baignade en rivière.
En 2019, 84,6% des 22 295 sites européens étaient d’excellente qualité. Ce taux excédait 95% dans cinq pays : Chypre, Malte, Autriche, Grèce et Croatie. © A. Louche - stock.adobe.com

L’Agence européenne pour l’environnement a publié le 8 juin 2020 son rapport sur la qualité des eaux de baignade européennes en 2019 (pays de l'Union européenne, Albanie et Suisse).

La qualité des eaux de baignade en Europe s’est nettement améliorée depuis quelques décennies. Leur pollution, qui provient surtout des eaux usées et des eaux de drainage des exploitations et des terres agricoles, a été réduite grâce :

  • aux progrès dans le traitement des eaux usées urbaines et industrielles ;
  • au contrôle de la pollution liée à l’agriculture ;
  • au suivi et à la gestion imposés par la directive de 2006 sur les eaux de baignade. Durant la saison balnéaire, les autorités prélèvent régulièrement et analysent des échantillons d’eau pour rechercher des bactéries fécales. L’eau contaminée, si elle est avalée, peut avoir des incidences sur la santé (troubles gastriques, nausées…). En fonction des taux de bactéries détectés, la qualité de l’eau est classée comme "excellente", "bonne", "suffisante" ou "insuffisante". La proportion d’eaux de baignade atteignant une qualité suffisante (c'est-à-dire la norme minimale fixée par la directive) s'élevait à 74% en 1991 mais avoisine 95% depuis 2003.

Des eaux de baignade très propres

En 2019, 84,6% des 22 295 sites européens étaient d’excellente qualité. Ce taux excédait 95% dans cinq pays : Chypre, Autriche, Malte, Grèce et Croatie. Depuis 2013, la part des eaux d’excellente qualité est passée de 76,5% à 79,1% pour les eaux intérieures, et de 85,2% à 87,4% pour les sites côtiers. Ceux-ci affichent de meilleurs résultats car :

  • ils ont une plus grande capacité d’auto-épuration ;
  • de nombreux sites de baignade intérieurs d’Europe centrale se situent sur des petits lacs ou des cours d’eau à faible débit plus exposés à la pollution due aux fortes pluies estivales.

Le nombre de sites de baignade s'accroît, de même que les exigences en matière de gestion de l'eau. En 2019, 306 nouveaux sites ont été recensés en Europe (dont 60% le long d'un cours d’eau ou sur les rives d'un lac). C’est la Pologne qui en enregistre le plus (130 sites, dont 101 à l'intérieur des terres). Sur les 606 sites de baignade de ce pays, 419 n’ont pas pu être évalués (sites nouvellement ouverts ou prélèvements insuffisants).

294 sites problématiques

En 2019, 294 sites (soit 1,3% de l'ensemble) présentaient une qualité insuffisante. Dans six pays, plus de 3% des eaux de baignade étaient dans ce cas : l'Albanie (5,9%), l'Estonie (5,6%), la Hongrie (3,9%), les Pays-Bas (3,3%), l'Irlande (3,4%) et la Slovaquie (3,1%).
Ces sites doivent donc fermer durant toute la saison balnéaire 2020 et appliquer un dispositif spécifique :

  • interdire ou déconseiller la baignade afin de préserver la santé des baigneurs ;
  • identifier les sources de pollution ;
  • prendre des mesures pour éviter, réduire ou éliminer ces sources ;
  • avertir le public et l’informer des causes de la pollution et des mesures adoptées.

Dans les sites dont la qualité a été jugée insuffisante pendant au moins cinq années consécutives, la directive préconise une interdiction permanente de baignade ou une mise en garde la déconseillant de façon permanente. En 2019, 55 sites étaient concernés, dont 36 en Italie, huit en Espagne et deux en France.