Racisme, antisémitisme et xénophobie : quelle situation en France en 2019 ?

Racisme, antisémitisme, xénophobie : l'année 2019 a enregistré une hausse des faits discriminatoires, preuve de la persistance de puissants préjugés en France. Face à ce constat, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) préconise un certain nombre de recommandations.

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Motif d'illustration représentant des visages de différentes couleurs de peau.
En 2019, 5 730 crimes et délits de nature raciste ont été enregistrés (soit une hausse de 11% par rapport à 2018). Il s’agit pour l’essentiel de provocations, d’injures et de diffamations. © stournsaeh - stock.adobe.com

Le 18 juin 2020, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a publié son rapport 2019 sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Elle y dresse un état des lieux de ces phénomènes et des mesures engagées à leur encontre.

Préjugés et actes racistes

Selon une enquête menée par la CNCDH, en 2019, le racisme demeure assez répandu. Moins de 6% des Français pensent que certaines races sont supérieures à d'autres, une croyance en net recul. Cependant, 18% se disent plutôt ou un peu racistes. L’hostilité à l’immigration progresse légèrement (49% des sondés).

Dans le même temps, 10% des personnes interrogées déclarent avoir été victimes de discrimination ces dernières années.

La perception des différentes minorités varie :

  • les Roms restent les plus stigmatisés ;
  • l’opposition à l’islam (comme religion) s’accentue légèrement mais les Français musulmans sont très bien perçus ;
  • les préjugés vis-à-vis des juifs s’avèrent minoritaires et stables dans l’opinion sans être pour autant marginaux ;
  • les Noirs, tout en ayant une très bonne image, font partie des plus discriminés (par exemple, ils sont surreprésentés dans les emplois subalternes et subissent des contrôles d'identité plus fréquents). Les stéréotypes dépréciatifs dont ils sont victimes remontent à la période de l'esclavage et de la colonisation. La CNCDH souhaite voir les programmes scolaires valoriser davantage les racines multiculturelles de la France.

L’intolérance à la diversité augmente avec l’âge et le sentiment d’une dégradation de la situation économique personnelle et familiale. Elle baisse avec le niveau d’études et le degré d’ouverture au monde. L’opinion politique et la religion l’influencent aussi.

5 730 crimes et délits de nature raciste ont été enregistrés (soit une hausse de 11% par rapport à 2018). Il s’agit pour l’essentiel de provocations, d’injures et de diffamations. Les victimes (5 350) sont en majorité des hommes d’origine africaine.

Par ailleurs, 17 555 signalements ont visé des contenus illicites en ligne, avant tout sur les réseaux sociaux. À l’école, les actes discriminatoires s'exercent surtout entre élèves, par des violences verbales.

Les recommandations de la CNCDH

La diffusion de propos haineux sur internet et dans les médias progresse très fortement. D’après la CNCDH, il faut rendre les dispositifs légaux plus efficaces et consolider les outils de prévention et de lutte.

Contre le racisme de l’école à l’université, elle recommande de scolariser tous les enfants (80% des enfants vivant dans des bidonvilles ou dans des squats ne sont pas scolarisés) mais aussi de mieux former et informer les enseignants.

Elle juge satisfaisant le cadre légal des infractions à caractère raciste (droit pénal commun ou droit de la presse) et préconise pour les magistrats une formation plus approfondie au contentieux raciste.

Face à la sous-déclaration massive des actes racistes et pour favoriser le dépôt de plainte, elle prône une meilleure formation des policiers et gendarmes et une amélioration de la pré-plainte en ligne.

Enfin, elle appelle les pouvoirs publics à intensifier leur action contre :