Publicités alimentaires : quelles régulations contre l'obésité des jeunes ?

Limiter le surpoids chez les enfants et les adolescents passe par une régulation stricte du "marketing alimentaire" à la télévision et sur internet concernant les produits gras, sucrés et salés.

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Markeging alimentaire. Enfant regardant la télévision.
Santé publique France recommande, notamment pour la télévision, d'interdire la communication commerciale sur les produits classés D et E durant certaines tranches horaires. © Sven Bähren - stock.adobe.com

En octobre 2018, la Direction générale de la santé saisissait Santé publique France afin qu’elle mène une enquête sur l’exposition des enfants et des adolescents à la publicité des produits gras, sucrés, salés (dits PGSS) dans les différents médias et tout particulièrement la télévision. Deux documents publiés en juin 2020 sur le marketing alimentaire ciblant les enfants et les adolescents permettent de faire le point sur cette question.

Un jeune public particulièrement sensible à ce type de publicités

Le surpoids et l’obésité touchent 17% des 6-17 ans. Le surpoids et l’obésité accroissent les risques de diabète, d’hypertension et de cancer, les personnes obèses ayant été particulièrement à risque lors de l'épidémie de COVID-19.

Par ailleurs, le surpoids et l’obésité sont également des marqueurs des inégalités sociales puisqu’ils sont 2,6 fois plus élevés dans des foyers où la personne de référence n’a pas de diplôme ou un diplôme inférieur au baccalauréat.

De nombreux travaux de recherche émanant de diverses institutions ont démontré ces deux dernières décennies les liens entre marketing alimentaire et les questions de surpoids et d'obésité. Ainsi, les publicités des PGSS induisent une augmentation de 56% de la consommation de ces produits chez les enfants exposés à ces publicités par rapport aux enfants non exposés. Les publicités des produits Nutri-Score classés D et E (c’est-à-dire de très faible qualité nutritionnelle) ciblent tout particulièrement les jeunes. En 2018, 53,3% d’entre elles étaient vues par les enfants, 52,5% par les adolescents, 50,8% par les adultes. 87,5% de ces publicités sont vues aux heures où 10% des enfants et des adolescents regardent la télévision.

Les investissements publicitaires sur l’ensemble des médias concernent pour 48% les produits classés D et E, 36% les produits classés A, B et C. La restauration rapide, les chocolats, les boissons sucrées sont particulièrement concernés, la télévision restant pour le moment le média privilégié.

Des mesures de régulations à renforcer

Malgré les dispositifs déjà en place, Santé publique France recommande de nouvelles mesures sur ce type de publicités à la télévision et sur internet :

  • encadrer la publicité à destination des enfants et des adolescents pour les produits alimentaires classés D et E ;
  • à la télévision, interdire la communication commerciale sur les produits classés D et E durant certaines tranches horaires où les enfants et adolescents la regardent le plus ;
  • sur les sites et réseaux sociaux, appliquer aussi ces restrictions horaires à la publicité digitale ;
  • sur les sites de marques, leurs pages sur les réseaux sociaux, les jeux vidéo, les applications mobiles et également pour les messages relayés par les influenceurs, interdire les publicités des produits de classe D et E destinés aux enfants et adolescents.

Au niveau de la refonte de la stratégie à adopter sur les messages sanitaires, Santé publique préconise aussi de :

  • développer un nouveau dispositif de messages sanitaires, dissocié du contenu publicitaire ;
  • indiquer sur un bandeau le classement Nutri-Score D ou E des produits en question sur les publicités.