Climat : privilégier une reprise "verte" recommande le Haut Conseil

L'année 2019 a été la plus chaude pour la température de surface en Europe. Après avoir dressé un état des lieux détaillé de la situation en 2019, le Haut Conseil pour le climat recommande d'orienter le plus possible la reprise vers des mesures prenant suffisamment en compte l'urgence climatique.

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Le Haut Conseil pour le climat plaide en faveur d'un plan de relance économique prenant mieux en compte la question de la baisse des émissions de gaz à effets de serre (GES). © powell83 - stock.adobe.com

La France compte réduire ses émissions de gaz à effets de serre de 40% entre 1990 et 2030 tout en prévoyant d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050. Pourtant, selon le Haut Conseil pour le climat (HCC), elle ne semble pas se situer sur une bonne trajectoire.

C'est face à ce constat que le HCC vient de publier en juillet 2020 son deuxième rapport annuel sur le climat dans lequel il plaide en faveur d'un plan de relance économique prenant mieux en compte la question de la baisse des émissions de gaz à effets de serre (GES).

Une réduction des émissions de GES jugée insuffisante

Depuis leur premier rapport, en 2019, les auteurs constatent une absence de progrès dans l'évaluation des lois et politiques à l'égard du climat. Pour 2020, ils prévoient une baisse probable des émissions de gaz à effets de serre lors du confinement dû à la crise du COVID-19, mais elle ne devrait être que temporaire et marginale.

La réduction des émissions de gaz à effets de serre "continue à être trop lente et insuffisante pour permettre d’atteindre les budgets carbone actuels et futurs". En 2019, la France a rejeté dans l'atmosphère 441 millions de tonnes équivalent CO2 (20% au dessous du niveau enregistré en 1990), mais les émissions nationales n'ont baissé que de 4,2 millions de tonnes équivalent CO2 en 2019 par rapport à 2018 (- 0,9%). Or, la trajectoire fixée par la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) pour la réduction des gaz à effet de serre est de -3,2% par an dès 2025.

Le rapport souligne d'ailleurs l'absence de transformations structurelles dans les secteurs les plus émetteurs : le transport (30%) suivi de l’agriculture, du bâtiment et de l’industrie (entre 18 et 20% chacun).

Des mesures de relance économique en lien avec les objectifs climat

Pour le Haut Conseil, la recommandation principale, "qui devrait être conservée" de ce rapport, est "de bannir tout soutien aux secteurs carbonés du plan de reprise et de l’orienter le plus possible sur des mesures efficaces pour la baisse des émissions de gaz à effets de serre".

Le Haut Conseil identifie ainsi les effets potentiels sur la décennie de mesures de reprise selon une estimation des rapports coûts/efficacité. Cette estimation prend en compte la rapidité de déploiement des mesures, l'atténuation estimée des émissions, les effets d'une réorientation des investissements vers une économie "décarbonée" et le potentiel de création d'emplois.

Selon le Haut Conseil, doivent être privilégiés :

  • les investissements dans les transports publics et les infrastructures de mobilité douce ;
  • la rénovation énergétique des bâtiments ;
  • les mesures d’efficacité énergétique et d’électrification ainsi que la Recherche-Développement de procédés industriels bas-carbone ;
  • l’augmentation du stockage de carbone dans les sols et le développement les protéines végétales ;
  • le déploiement des énergies renouvelables.

En bénéficiant de plusieurs dizaines de milliards d’euros pour aider à la reprise économique, les entreprises françaises pourraient ainsi être sollicitées plus fermement par des mesures contraignantes. Les régions, chefs de file dans la lutte contre le changement climatique, détiennent pour leur part plusieurs leviers d'action dans différents secteurs en lien avec la SNBC, notamment dans les secteurs les plus émetteurs (transports, agriculture et bâtiment).

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