Coronavirus : le Conseil scientifique juge "hautement probable une seconde vague à l'automne"

Dans un avis au gouvernement, le Conseil scientifique COVID-19 formule un certain nombre de recommandations à l'attention des autorités sanitaires afin d'anticiper les conséquences d'un retour du coronavirus à l'automne. Ce rapport est rendu alors qu'une hausse des cas de COVID-19 est observée.

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Le ministère de la santé a rendu public un nouvel avis du Conseil scientifique COVID-19, remis au gouvernement le 27 juillet. Ce document de 42 pages porte un titre explicite : "Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l'automne".

Le Conseil est une structure de quatorze experts chargée, depuis les débuts de l’épidémie du coronavirus, d’une mission d’information et de conseil auprès de l’exécutif, dans un contexte marqué par des connaissances très évolutives au plan scientifique.

La France d'après le déconfinement vue par le Conseil scientifique

Dans un précédent avis du 2 juin, le Conseil dessinait quatre scénarios post-confinement. Les hypothèses envisagées allaient d’"une épidémie sous contrôle" (type 1) à une situation où l’épidémie "atteint un stade critique" (type 4).

Au vu des données recueillies depuis lors, et dans un contexte mondial toujours fragilisé par les progrès de l'épidémie, la France se trouve à l'heure actuelle dans une "situation de type 1 fragilisé". Deux séries de facteurs appuient ce constat d’une dégradation :

  • d’une part, la récente recrudescence du nombre de cas de COVID-19 dans plusieurs régions, avec, en premier lieu, la Mayenne ;
  • d’autre part, un certain relâchement dans le respect des mesures de précaution depuis le déconfinement : gestes barrières, port du masque, distanciation…

La reprise de l'épidémie en France : quel calendrier ?

Le Conseil souligne que "l’avenir de l’épidémie à court terme est en grande partie entre les mains des citoyens". Il insiste donc sur la nécessité de campagnes de communication, plus spécialement à destination des jeunes. Une reprise épidémique dès l’été, "en particulier lors de rassemblements mal contrôlés", n’est en effet pas exclue.

Quoi qu’il en soit, le Conseil juge "hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou hiver prochain". Pour cette raison, il formule une série de préconisations à destination des autorités sanitaires qui, cette fois-ci, pourront largement anticiper le regain épidémique.

Les préconisations du Conseil

Concernant les tests, deux points essentiels sont mis en avant : présenter une doctrine clarifiée d’utilisation, et les rendre plus accessibles afin de tester de façon large. S'agissant du prélèvement salivaire, le Conseil rappelle que ce test à résultat rapide n'est pas scientifiquement validé.

Un enjeu crucial est celui des "20 grandes métropoles", où les risques de propagation du virus sont importants en raison de la densité de population. Dans l’hypothèse d’une reprise épidémique, la préparation de plans de "confinement local", ainsi qu’une gestion ciblée intégrant le soutien aux personnes vulnérables et la prise en compte des inégalités sociales, paraissent indispensables.

Le Conseil insiste sur l’absence de médicament ayant fait la preuve de son efficacité anti-virale directe six mois après le début de la pandémie. La prise en charge des formes sévères et graves a cependant été améliorée grâce à la gestion des états inflammatoires liés à ces formes.

Enfin, diverses recommandations en matière de gouvernance et de communication à l’endroit des autorités sanitaires, mais aussi des employeurs (risques psycho-sociaux liés au confinement et au retour au travail), sont formulées.