Les salariés malades travaillent un jour d'arrêt maladie sur quatre

En 2015, sur onze jours d'arrêt de travail pour maladie, les salariés déclarent venir travailler trois jours. Phénomène courant, le "présentéisme" dépend toutefois du profil du salarié et de ses conditions de travail.

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Femme travaillant sur ordinateur avec sa main strappée.
Les salariés auront une plus grande inclination au présentéisme lorsqu’ils témoignent de relations tendues avec leur hiérarchie ou de comportements hostiles © pongmoji - stock.adobe.com

Selon l’enquête Conditions de travail et risques psychosociaux de 2016 de la Dares, direction statistique du ministère du travail, 62% des salariés en France déclarent venir travailler au moins un jour sur quatre alors qu’ils sont malades, contre 42% des salariés dans l’ensemble de l’Union européenne.

Une propension au présentéisme liée à l’état de santé

Lors de l'enquête, les salariés ont été interrogés sur le présentéisme entendu comme le fait "d’aller travailler tout en pensant que vous auriez dû rester à la maison parce que vous étiez malade". Le nombre moyen de jours de présentéisme apparaît globalement plus élevé pour les femmes, les plus de 50 ans, les personnes signalant une santé altérée ou encore exposées à de mauvaises conditions de travail.

Toutefois, la propension au présentéisme diminue au fur et à mesure de l’augmentation du nombre de jours de maladie déclarés dans l’année par les salariés. Elle tombe ainsi à 21% pour les salariés cumulant plus de quinze jours de maladie.

L’influence des risques professionnels sur le présentéisme

Selon l’enquête, le fait pour les salariés d’aller travailler alors qu’ils sont malades dépend beaucoup des conditions dans lesquelles ils exercent leur travail.

Le présentéisme augmente en fonction des contraintes liées à l’intensité du travail. Les salariés exposés à une demande de travail importante sont par exemple plus réticents à s’absenter pour raison de maladie. Les salariés auront également tendance à venir travailler malades lorsqu'ils témoignent de relations tendues avec leur hiérarchie ou de comportements hostiles dans le cadre de leur travail. Le sentiment d’insécurité socio-économique, particulièrement la crainte de perdre son emploi, ainsi que les changements organisationnels sont également des facteurs favorisant le présentéisme.

La propension au présentéisme est en revanche plus faible lorsque le salarié évolue au sein d’un collectif de travail divisé, soit en raison de désaccord sur les méthodes de travail, soit lors de changements fréquents de collègues.

L’enquête de la Dares révèle une propension au présentéisme d’autant plus élevée que le salarié cumule les risques psychosociaux.