Le déploiement du très haut débit en France : un impact réel sur la croissance

Si le télétravail, la télémédecine et d’autres services ont montré durant le confinement la robustesse des réseaux de télécommunications, la crise sanitaire de la Covid-19 a néanmoins révélé des inégalités d’accès selon les territoires, le niveau d’équipements et la familiarité des citoyens au numérique.

3 minutes
Très haut débit, Plan France. Illustration représentant des fibres optiques avec effet de vitesse.
Concernant l’emploi, les travaux existants sont partagés sur les réels effets de créations d’emplois et de réduction du chômage. © alphaspirit - stock.adobe.com

Lancé en 2013, le Plan France Très haut débit (PFTHD) vise à remédier à ces disparités d’ici à 2022. 

Le Gouvernement français a confié à France Stratégie une mission d’évaluation socioéconomique du PFTHD sur le territoire français. Cette mission d’évaluation qui se déroule sur 3 ans (de 2019 à 2022) fait l’objet d’un premier rapport publié le 11 août 2020.

France Stratégie présente des premiers résultats sur : 

  • le contexte français et européen de l’évaluation du PFTHD ;
  • l’état actuel des connaissances sur les effets socioéconomiques du déploiement des réseaux très haut débit ;
  • l’état actuel des travaux de recherches engagés dans le cadre de ce programme national et européen.

Couvrir l’intégralité du territoire

Estimé à 21 milliards d’euros, le coût total du PFTHD est financé, d’une part par les investissements publics (environ 14 milliards d’euros) et d’autre part par les investissements d’opérateurs privés (environ 7 milliards d’euros).

Les objectifs à l’échelle européenne sont fixés dans le cadre du Digital Agenda Europe (DAE) et visent une couverture de l’ensemble des foyers et des entreprises européennes par du très haut débit supérieur ou égal à 30Mbt/s d’ici à 2022 et à 100 Mbit/s pour 2025. La France s’est alignée sur les mêmes objectifs pour 2022. 

Fin 2019, selon le rapport de l'Arcep, 61% des logements étaient éligibles au très haut débit (supérieur à 30 Mbit/s). 45% étaient raccordables à la fibre dont le nombre de lignes situées dans les zones rurales est de plus de 3 millions.

Un impact positif sur la croissance

Les différents travaux de recherches s’accordent pour affirmer l’impact positif sur la croissance. Si les objectifs du DAE sont atteints, les gains financiers pourraient s’élever à 222 milliards d’euros au niveau européen. Pour la France, le gain financier pourrait atteindre 24 milliards d’euros. 

En revanche, concernant l’emploi, les travaux existants sont partagés sur les réels effets de créations d’emplois et de réduction du chômage. France Stratégie précise que l’évaluation finale de la situation française devra tenir compte des niveaux de couverture et de débits pour juger définitivement des impacts socioéconomiques.  
 

Des effets positifs sur le bien-être des ménages et des consommateurs

De nombreuses études montrent que le déploiement des réseaux a un effet sur la réduction des inégalités entre les ménages, tant sur le revenu moyen que sur la réduction des inégalités de revenus.

Cependant, ces effets ne sont pas également répartis et bénéficient plus aux communes les moins denses. 

L’arrivée des réseaux dans ces territoires permet sans doute la création de nouvelles activités et de nouvelles sources de revenus.