Représentation du handicap à la télévision : encore très marginale

Les Français passent plus de trois heures par jour devant la télévision. Les médias audiovisuels ont donc un rôle significatif "pour changer le regard et véhiculer des visions non stéréotypées", ainsi que le souligne le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) dans son rapport annuel 2019.

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Visuel voulant dire "interprète" en langage des signes.
Le travail du CSA en 2019 a porté, entre autres, sur le développement par les chaînes de la qualité de l'accessibilité. En particulier pour le sous-titrage et les programmes interprétés en langue des signes. © Andrey Popov - stock.adobe.com

D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), les personnes touchées par un handicap représentent 12 millions de Français (soit 18% de la population totale).

Or, comme le note le rapport 2019 du CSA sur la représentation du handicap à l'antenne et l'accessibilité des programmes de télévision aux personnes handicapées, cette représentation "reste toujours très marginale" à la télévision.

Les actions menées par le CSA en 2019

La question du handicap à l’antenne relève de la mission plus large du Conseil de veiller à la représentation de la diversité. Depuis la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, les chaînes de télévision publiques et privées dont l'audience nationale dépasse 2,5% ont l'obligation de rendre accessibles leurs programmes aux personnes sourdes et malentendantes.

C'est dans ce cadre que les actions du CSA ont porté en 2019 sur :

  • le suivi annuel de l'insertion et la formation professionnelle des personnes handicapées dans le secteur de la communication audiovisuelle avec en particulier la participation au Duo Day ;
  • l'incitation au développement par les chaînes de la qualité de l'accessibilité, notamment pour le sous-titrage et les programmes interprétés en langue des signes (où le CSA note leur "très faible" proportion dans l'actualité électorale) et l'audiodescription ;
  • l'élaboration d'une charte, signée le 3 décembre 2019, qui intègre un lexique des termes appropriés à utiliser pour parler du handicap et des personnes handicapées ;
  • la valorisation de la couverture médiatique du handisport.

En matière d'accessibilité, le CSA compte poursuivre en 2020 son action en lien avec le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) dans les domaines de l'audiodescription, de la langue des signes française (LSF) et des services de médias audiovisuels à la demande (SMAD).

Accessibilité des programmes et représentation du handicap : quel bilan ?

En termes d'accessibilité, le CSA note que l'offre de programmes sous-titrés ou traduite en langue des signes française (LSF) a peu évolué. Neuf chaînes sur onze ont "pleinement respecté" leurs obligations en matière de sous-titrage qui découlent de la loi de 2005. Les chaînes d'information en continu ont, pour leur part, respecté leurs obligations s'agissant du LSF. Les obligations de diffusion de programmes audiodécrits ont été respectées par les 13 chaînes privées et par le groupe France Télévisions. En revanche, le CSA évoque des  difficultés persistantes en ce qui concerne l’accessibilité des programmes sur les services de médias audiovisuels à la demande (SMAD).

Se fondant sur son baromètre de la diversité, le CSA dresse le constat d'une présence des personnes handicapées à l’antenne bien en deçà de leur place dans la société. La représentation du handicap à l'antenne est toujours "quasi-inexistante" et oscille entre 0,6 et 0,8% depuis 2016 malgré les efforts déployés par les chaînes pour mettre en scène, particulièrement dans leurs fictions emblématiques, des héros ou personnages principaux en situation de handicap.

Handicaps à la télévision : vers la mise en place de quotas ?

C'est l'un des débats prévus lors des premières "Universités d'été de la conception universelle et de l'inclusion", qui se tiennent à Paris du 24 au 26 août 2020. Organisées à l'initiative du CNCPH (rattaché au secrétariat d'État chargé des personnes en situation de handicap), ces universités d'été reçoivent la visite d'une importante délégation ministérielle et prévoient de débattre des quotas à la télévision et de la façon de "rendre le débat public et les campagnes électorales accessibles à tous les citoyens".