Travail, écoles, lieux culturels... les mesures anti-Covid annoncées pour la rentrée

Le 27 août 2020, lors d'une conférence de presse, le Premier ministre a fait le point sur la situation sanitaire et annoncé de nouvelles mesures pour faire face à la recrudescence de l'épidémie de Covid-19. L'obligation du port du masque est étendue dans les collèges et lycées, à l'université, au travail, dans les cinémas et les théâtres.

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Homme travaillant masqué devant son ordinateur de travail.
Le 1er septembre 2020, le masque s'impose pour tous les salariés et les agents publics, sauf dans les bureaux individuels. © farmuty - stock.adobe.com

Les mesures annoncées interviennent à la suite des derniers Conseils de défense et des ministres, réunis les 25 et 26 août 2020.

21 départements classés en "zone rouge"

Face à une circulation active du coronavirus, le Premier ministre a annoncé que 19 nouveaux départements sont placés en "zone rouge". Ce sont donc 21 départements au total qui sont désormais classés en zone de circulation active du virus.  Il s'agit :

  • en métropole : des Alpes-Maritimes (06), des Bouches-du-Rhône (13), du Gard (30), de la Haute-Garonne (31), de la Gironde (33), de l'Hérault (34), du Loiret (45), du Rhône (69), de la Sarthe (72), du Var (83), du Vaucluse (84) et de Paris et tous les autres département d'Île-de-France ;
  • outre-mer : de la Guadeloupe (971)  et de la Martinique (972).

En outre, la Guyane et Mayotte demeurent en état d'urgence sanitaire.

Les nouvelles mesures anti-Covid applicables

Afin d'organiser la rentrée dans les meilleures conditions possibles compte tenu de l'évolution de l'épidémie, de nouvelles règles sanitaires sont mises en place. Elles concernent divers publics et secteurs. Le port du masque en particulier est étendu. 

Dans les collèges et lycées 

À la rentrée, les collégiens et les lycéens doivent porter un masque "grand public" toute la journée dans les espaces clos (salles de classe, bibliothèques...) et lors des récréations . Le masque n'est toutefois pas obligatoire lorsqu'il est incompatible avec l'activité (prise de repas, nuit en internat, pratiques sportives...).

Les masques sont à la charge des familles. Toutefois si un élève se présente sans masque, son établissement lui en fournira un. Les familles les plus précaires et les jeunes dont la santé est vulnérable bénéficient de l'envoi de masques. Par ailleurs, certaines collectivités ont d'ores et déjà décidé d'en distribuer gratuitement à leurs collégiens et lycéens.

En revanche, les élèves des écoles maternelles et des écoles primaires, compte tenu de leur âge, ne sont pas tenus au port du masque.

Concernant les adultes, tous les professeurs et les autres personnels des écoles et des établissements scolaires, y compris ceux travaillant en maternelle, doivent porter un masque.

L’accès des accompagnateurs aux bâtiments scolaires n’est pas interdit mais sera limité au strict nécessaire et après nettoyage et désinfection des mains.  Les accompagnateurs doivent porter un masque et respecter une distanciation physique d’au moins un mètre.

Toutes ces règles sont précisées dans un protocole sanitaire applicable à l'école.

 

Dans les universités

Le masque est systématisé à la rentrée pour tous dans l'enseignement supérieur.

Dans les entreprises et les administrations

Le 1er septembre 2020, le masque s'impose pour tous les salariés et les agents publics - sauf dans les bureaux individuels. Le télétravail reste recommandé, et ce chaque fois que c’est possible dans les zones de circulation active du virus.

L'objectif du gouvernement est d'allier santé au travail et continuité des activités.

Un protocole sanitaire adapté aux contraintes spécifiques de certaines activités ou lieux de travail, comme les chantiers ou les salles de sport, est en cours de finalisation. Un avis du Haut Conseil de la santé publique est attendu.

Dans les cinémas et dans les théâtres

Le port du masque est rendu systématique dans les cinémas et dans les théâtres.

Dans les zones où le virus circule activement comme à Paris, les mesures de distanciation physique entre les groupes de spectateurs continuent à s'appliquer, en plus du port du masque en continu.

Pour les grands évènements

Les préfets vont pouvoir interdire certains événements avec moins de 5 000 personnes.
Dans les départements classés rouges, les préfets ne pourront plus déroger à l'interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes.

Dans les territoires

En fonction de l'évolution épidémique, de nouvelles mesures restrictives dans les communes et les départements pourront être décidées localement par les maires ou par les préfets au cas par cas en lien avec les élus et les directeurs des agences régionales de santé (ARS).

Le dernier arrêté préfectoral en date concerne la ville de Marseille et le département des Bouches-du-Rhône. Face à la forte accélération de l'épidémie de Covid-19 dans ce territoire, le préfet de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA), préfet des Bouches-du-Rhône, a rendu le port du masque obligatoire dans l'espace public à partir de 11 ans dans toute la commune de Marseille ainsi qu'ordonné la fermeture des bars, restaurants et commerces d’alimentation de 23h à 6h dans l’ensemble des communes du département des Bouches du Rhône. Ces mesures s'appliquent du 26 août jusqu'au 30 septembre 2020 inclus.

À Paris, en Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, le port du masque est rendu obligatoire à partir du vendredi 28 août à 8 heures. Cette obligation s'applique à tous les piétons et aux utilisateurs de trottinettes et de deux-roues motorisés. Dans un communiqué du 28 août, la préfecture de police précise que le port du masque n'est pas exigé pour les personnes "exerçant une activité physique au titre de la course à pied ou du vélo". Elle rappelle que les enfants de moins de 11 ans ne sont pas tenus de porter le masque.

Le masque grand public recommandé par le HCSP

Dans un avis adopté le 20 et publié le 25 août 2020, le Haut Conseil de la santé publique (HSCP) préconise de promouvoir l'acceptabilité du masque et incite au choix préférentiel des masques grand public réutilisables pour éviter un risque écologique. Il recommande au travers, d'informations pédagogiques, de sensibiliser individuellement à la rentrée chaque salarié, élève et étudiant au port du masque afin de "permettre l'appropriation et l'adoption d'un comportement citoyen".

L'augmentation des moyens sanitaires

Le gouvernement souhaite renforcer l'effort de diagnostic et de dépistage du virus. Il vise à court terme l'objectif d'un million de tests réalisés par semaine, contre un peu plus de 800 000 aujourd'hui. Une stratégie de priorisation des tests est arrêtée. Un accès rapide aux tests doit être garanti notamment pour les personnes souffrant de symptômes, les cas contacts et les soignants. 

Les pouvoirs publics visent également un stock stratégique de masques. D'ici la fin du mois de septembre 2020, un stock d'un milliard de masques doit être constitué.

Quant aux lits en réanimation, 12 000 sont aujourd'hui disponibles, soit 5000 lits de plus qu'au pic épidémique du 8 avril 2020.