Zones rouges, carte de vigilance... L'évolution des indicateurs de suivi du Covid-19

Le nombre de départements classés "zones de circulation active" du coronavirus est désormais passé à 55. Quels sont les critères qui font basculer ces territoires en zone rouge ?

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Graphique représentant une courbe d'évolution avec le virus du Covid-19.
Ce sont un peu plus de 286 000 cas confirmés au 1er septembre 2020 en France dont fait état Santé publique France. © Gstudio - stock.adobe.com

Le passage en zone rouge ou "zone de circulation active" du Covid-19 a été déclenché à Paris et dans les Bouches-du-Rhône le 13 août 2020, puis dans 19 autres départements après la conférence de presse tenue par le Premier ministre le 27 août 2020

Un décret paru au Journal officiel le 6 septembre 2020 a placé de nouveaux  départements en zone rouge. Par la suite, un décret paru au Journal officiel le 13 septembre 2020 a placé douze départements supplémentaires en zone rouge : l'Ain, l'Aude, l'Ile-et-Vilaine, l'Isère, la Loire, la Loire-Atlantique, la Maine-et-Loire, le Pas-de-Calais, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées-Atlantiques, les Pyrénées-Orientales et le Tarn-et-Garonne. Un décret paru au Journal officiel le 20 septembre 2020 place treize nouveaux départements en zone rouge : Aveyron, Calvados, Doubs, Eure, Gers, Indre-et-Loire, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Saône-et-Loire, Tarn, Vienne, Territoire de Belfort.
Actuellement, il y a en France 55 zones de circulation active du virus.


Comment expliquer ce passage en zone rouge ?

Ce classement en zone rouge est dû à un indicateur en particulier, le taux d'incidence. Dans plusieurs départements, ce taux est repassé au-dessus du seuil d'alerte fixé à 50 nouveaux cas positifs pour 100 000 habitants pendant une semaine. 

Le passage en "zone de circulation active" (ZCA) du virus peut aussi être décidé par anticipation :

  • si le département a un taux d'incidence très proche de 50 pour 100 000 habitants et en augmentation ;
  • si le département est proche d’un autre département avec un taux d’incidence élevé.

Selon le décret du 10 juillet 2020, cette nouvelle carte doit permettre aux préfets des départements classés ZCA de mettre en place des mesures sanitaires supplémentaires comme la limitation de circulation des personnes ou la fermeture de certains établissements. La décision de passage en ZCA est prise par décret du Premier ministre.

Carte de vigilance, zones de circulation active, niveaux de vulnérabilité : quelle différence ?

Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, plusieurs types de cartes ont été publiées par le gouvernement et Santé publique France pour suivre la progression de l’épidémie en France. Celles-ci ne doivent pas être confondues avec la carte des zones de circulation active (ZCA).

La carte de vigilance

La carte de vigilance avait été mise en place par le gouvernement au mois de mai afin d'organiser le déconfinement. Selon la situation sanitaire dans chaque département, la France était divisée en zones rouge, verte et orange pour permettre une levée progressive des mesures de prévention face au Covid-19. 

Cette carte était construite sur quatre indicateurs :

  • le taux d’incidence (nombre de nouveaux cas positifs pour 100 000 habitants sur une semaine) ; 
  • le taux de positivité des tests sur une semaine ;
  • le taux de reproduction du virus ou "R effectif", c'est-à-dire le nombre de personnes qu’un individu contaminé va lui-même infecter ;
  • le taux d’occupation des lits en réanimation.

Au 15 juin 2020, toute la France métropolitaine était passée en zone verte. Seules Mayotte et la Guyane restaient classées en zone orange. La carte de vigilance n'était plus actualisée depuis cette date. 

La carte de vulnérabilité

La carte de vulnérabilité n'est pas réalisée par le gouvernement, mais par Santé publique France. Elle est mise à jour quotidiennement à partir de l’ensemble des indicateurs produits par l'agence de santé publique (taux de positivité des tests virologiques, taux d’incidence, admissions à l’hôpital, reproduction du virus...), mais aussi des investigations de clusters et des signalements reçus.

Cette carte permet d’établir, pour chaque département, trois niveaux de vulnérabilité par rapport à l'épidémie : limité, modéré, et élevé.