Covid-19 : des décès plus importants qu'au moment de la canicule 2003

L'épidémie de Covid-19 du printemps 2020 a provoqué une surmortalité supérieure à celle causée par la canicule de 2003. Mais, rapportés au nombre de jours, les décès ont été plus nombreux pendant la canicule. Des points communs se dessinent aussi entre ces deux événements concernant à la fois les personnes et les territoires touchés.

Temps de lecture  3 minutes

Chambre et lit vides à l'hôpital.
Rapportée au nombre de jours, l’intensité de la mortalité est plus marquée pour la période de canicule. © Halfpoint - stock.adobe.com

Au cours des 20 dernières années, deux événements ont provoqué une importante surmortalité en France métropolitaine, la canicule de l'été 2003 et l'épidémie de Covid-19 du printemps 2020.

L’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a comparé le nombre de décès pendant ces deux périodes et note, dans son étude statistique parue le 18 septembre 2020, plus de décès lors de l'épisode de Covid-19 du printemps 2020 que pendant la canicule de l'été 2003.

Covid-19 : plus de décès mais une intensité moindre

L’étude de la mortalité montre que l’épisode de la Covid-19 du printemps 2020 (du 10 mars au 8 mai) a provoqué plus de décès que la canicule de l’été 2003 (du 1er au 24 août). En comparant le nombre de décès pour chacun de ces deux évènements à la moyenne sur la même période pour les années précédentes, on constate 15 300 décès supplémentaires pendant la canicule et 27 300 pour la Covid-19.

Cependant, rapportée au nombre de jours, l’intensité de la mortalité est plus marquée pour la période de canicule, 638 décès supplémentaires par jour contre 455 pour la Covid-19.

Les personnes âgées et l'Île-de France en points communs

Les personnes âgées sont les premières victimes de ces deux évènements. Or, dans cet intervalle, le vieillissement de la population a progressé. Les 85 ans et plus représentent 44% de l’excédent de décès pendant la canicule, 58% pendant la Covid-19. La canicule a plus touché les femmes âgées, la Covid-19 les hommes âgés.

La canicule comme la Covid-19 n’ont pas touché le territoire de manière uniforme. La région commune la plus impactée par ces deux pics de mortalité est l’Île-de-France. La forte hausse des décès concerne ensuite le Centre-Val de Loire pour la canicule et Grand Est pour la Covid-19.

Le vieillissement de la population n’est pas la seule explication aux disparités régionales de la hausse des décès. Ainsi, la région Île-de-France pour laquelle le vieillissement de la population est légèrement inférieur à la moyenne nationale, a subi une forte hausse de décès pendant ces deux épisodes. D’autres paramètres sont à prendre en compte :

  • météorologiques comme l’augmentation brutale et très localisée de la chaleur dans les deux régions particulièrement touchées en 2003 (Île de France et Centre-Val de Loire) ;
  • l’apparition de clusters, la densité urbaine, les caractéristiques sociodémographiques des zones les plus touchées pour la Covid-19 du printemps 2020.