Patients atteints du Covid-19 : quels profils lors de la deuxième vague ?

La France a enregistré 198 685 hospitalisations liées au Covid-19 entre septembre 2020 et février 2021. Lors de la première vague (mars à juin 2020), 103 010 patients avaient été hospitalisés. Une récente étude compare les deux vagues épidémiques selon le profil des patients, leurs parcours à l'hôpital et les taux de mortalité enregistrés.

Salle de soins intensifs avec infirmières.
La population hospitalisée est plus âgée lors de la deuxième vague (âge médian 75 ans), entraînant une mortalité légèrement plus forte dans cette catégorie d'âge. © Georgiy Datsenko - stock.adobe.com

Une étude publiée en mai 2021 par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) analyse les parcours des patients entre le 1er septembre 2020 et le 1er février 2021.

Cette étude fait suite à une publication de la Drees d'octobre 2020 consacrée à la période du 1er mars au 15 juin 2020 correspondant à la première vague de l'épidémie.

Dynamiques des hospitalisations

Lors de la première vague du printemps 2020, après un pic d’admissions le 27 mars 2020 avec 3 634 hospitalisations, une baisse des entrées est observée d’avril à mi-juin 2020. Leur nombre a stagné avant de remonter lentement, à partir de fin juillet 2020.

Une dynamique exponentielle, avec une  forte augmentation du nombre de patients, s’est enclenchée ensuite début septembre 2020. Le rythme des entrées hospitalières a été toutefois plus lent que celui observé pendant la première vague, dans un contexte de mise en place progressive de restrictions sanitaires jusqu’au deuxième confinement fin octobre 2020.

Le pic d’admissions pour la deuxième vague a eu lieu le 13 novembre 2020, avec 2 203 entrées en moyenne la semaine du 9 novembre. Le nombre de patients hospitalisés a commencé à baisser près d’une semaine après le début du deuxième confinement. Se stabilisant en décembre 2020, il a enregistré une nouvelle hausse à partir de janvier 2021. En effet, l'arrivée des variants britannique, sud-africain puis brésilien nettement prédominants a donné une nouvelle dynamique à la propagation du virus.

Enfin, la répartition géographique des hospitalisations est un peu plus uniforme, les admissions ayant été notamment concentrées en Île-de-France et dans le Grand-Est entre mars et  juin 2020.

Profil des patients hospitalisés en deuxième vague et durée d'hospitalisation

La population demeure majoritairement masculine avec 53% d'hommes parmi les personnes hospitalisées, 67% parmi les malades en soins critiques et 58% des décès. Ces proportions sont très proches de celles de la première vague. La proportion de patients de moins de 40 ans est similaire à la première vague (7%).

En revanche, la population hospitalisée est plus âgée lors de la deuxième vague (âge médian 75 ans), entraînant une mortalité légèrement plus forte dans cette catégorie d'âge.

Toutes classes d'âge confondues et en contrôlant l'effet de structure de patients plus âgés lors de la deuxième vague, le taux de mortalité a été plus faible globalement (20% après 90 jours d'hospitalisation).

Les durées de séjour en soins critiques (20 jours) ont eu tendance à diminuer pour la deuxième vague, alors que la durée en hospitalisation conventionnelle est restée quasi-stable (9 jours).

Le cas particulier des personnes âgées

Entre septembre 2020 et février 2021, 41% des personnes hospitalisées sont âgées de plus de 80 ans. Elles représentent 17% des patients en soins critiques et 64% des personnes décédées à l’hôpital. Ces proportions sont supérieures à celles de la première vague.

Au 5 mai 2021, 69% des patients de plus de 75 ans hospitalisés entre le 1er septembre 2020 et le 1er février 2021 sont rentrés à domicile, 30% sont décédés et 1% des patients sont restés hospitalisés en soins de suite et réadaptation (SSR). Les proportions sont similaires à celles observées pendant la première vague.

L’âge médian en soins critiques est de 70 ans. Comme lors de la première vague, les personnes très âgées participent peu à la saturation des services de soins critiques. Elles y sont rarement admises. Les pratiques médicales comme la ventilation et l’intubation présentent des risques élevés pour les plus âgés.