Ménages pauvres : quel accès aux services bancaires ?

Le surendettement diminue chez les plus précaires. Ils accèdent davantage aux services financiers depuis la loi du 26 juillet 2013 de séparation et de régulation des activités bancaires (accès à un compte, services de base gratuits, plafonnement des frais...). Ils restent néanmoins éloignés du numérique et sont mal informés sur leurs droits.

Temps de lecture  3 minutes

Personne retirant de l'argent à un guichet automatique.
97% de la population et 94% des plus défavorisés détenteurs d'un compte de dépôt possèdent une carte de retrait et de paiement. © hadrian-ifeelstock - stock.adobe.com

Les politiques publiques de lutte contre le surendettement ont été nombreuses ces dernières années avec la loi Lagarde du 1er juillet 2010 sur la réforme du crédit à la consommation, la loi Hamon du 17 mars 2014 sur la consommation ou encore la loi Sapin 2 du 9 décembre 2016.

Une enquête publiée en septembre 2020 par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) dépeint la situation financière des ménages pauvres en 2019 et son évolution depuis 2010.

Un surendettement en baisse et un meilleur accès aux services bancaires

On observe depuis dix ans, chez les plus défavorisés, une baisse sensible :

En 2019, 13% des pauvres (et 14% de l'ensemble des Français) ont un crédit à la consommation en cours mais ils ont plus de difficulté à rembourser.

Par ailleurs, la quasi-totalité de la population française dispose d'un compte bancaire en 2019 ; 2% des ménages à faibles ressources n'en ont pas, une proportion stable depuis 2010. Ils possèdent plus souvent un seul compte mais sont de plus en plus nombreux à en avoir plusieurs.

De plus, 97% de la population et 94% des plus défavorisés détenteurs d'un compte de dépôt possèdent une carte de retrait et de paiement. Les ménages aux ressources modestes ont plus souvent une seule carte (63% contre 50% en population générale).

Mais des services pour les plus modestes encore peu connus

Les banques proposent aux personnes fragiles financièrement, depuis le 1er octobre 2014, une offre de services bancaires spécifique de nature à limiter les frais en cas d'incident de paiement. Seuls 30% des plus modestes connaissent ce dispositif (contre 39% des Français). Et lorsqu'ils le connaissent, la plupart pensent ne pas être concernés.

Les personnes en situation de pauvreté paient beaucoup plus souvent leurs dépenses courantes en liquide : 34% d'entre eux (et 25% de la population générale) règlent leurs achats de moins de 30 euros en espèces chez les commerçants. Ils préfèrent retirer de l'argent liquide au guichet car l'utilisation d'un distributeur automatique de billets leur paraît moins simple.

Le développement du numérique affecte les relations avec les banques. Les plus âgés et les plus pauvres ont moins d'équipements informatiques et sont moins autonomes dans son usage, ce qui limite leur accès aux droits, aux biens et aux services. Ils utilisent majoritairement internet pour suivre leur compte ou réaliser des opérations à distance, mais moins que les autres ménages.