Europe de la santé : renforcer la sécurité sanitaire de l'UE

La pandémie de la Covid-19 accélère la création d'une "Europe de la santé". L’UE prévoit ainsi la création d'une Autorité pour gérer les urgences sanitaires. Elle souhaite également le renforcement des agences existantes (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et Agence européenne des médicaments).

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Le mandat du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) sera renforcé en matière de lutte contre les flambées épidémiques notamment. © polack - stock.adobe.com

Au 10 novembre 2020, 8,2 millions d'Européens ont été infectés par l'épidémie de la Covid-19 depuis janvier 2020. Quant à l’aide d’urgence de l’Union, elle  s'est élevée à 2,7 milliards d’euros (médicaments, vaccins, équipements de protection...).

Face à cette situation, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé, le 11 novembre 2020, la mise en place d'une "Europe de la santé" dotée d’un budget de cinq milliards d’euros sur sept ans. Les propositions de la Commission européenne prévoient la mutualisation des commandes de vaccins et de médicaments, la constitution de réserves d’urgence et la création d’une agence de recherche biomédicale.

Plus précisément, les premiers éléments constitutifs de cette "UE de la santé" sont les suivants :

  • obligation d’assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine (charte des droits fondamentaux de l’Union européenne) ;
  • renforcement des structures et des mécanismes existants pour l’amélioration du niveau de protection, de prévention, de préparation et de réaction aux risques à l’échelle de l’Union ;
  • amélioration de la coopération transfrontière pour lutter contre les menaces sanitaires ;
  • élargissement du rôle de l’Union dans la coordination et la coopération internationales.

L'Autorité pour la réaction aux urgences sanitaires, un nouvel outil

La Commission a présenté les contours de la future Autorité pour la réaction aux urgences sanitaires (Health Emergency Response Authority - HERA). Sa constitution sera proposée d'ici la fin 2021 pour un lancement et une entrée en service en 2023. Il s'agit d'une nouvelle structure ayant pour objectif d'améliorer la réponse aux menaces transfrontières concernant les questions de santé.

La Commission s'est inspirée du modèle de l'Autorité pour la recherche et le développement avancé dans le biomédical (Barda) aux États-Unis. Cet organisme qui dépend du ministère américain de la santé dispose de moyens importants pour collaborer avec les laboratoires.

Cette nouvelle Autorité européenne aura en particulier pour mission de nouer des partenariats publics-privés avec l’industrie pharmaceutique et les organismes de recherche.

Le renforcement des agences de l'UE

Dès le début de la pandémie, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l'Agence européenne des médicaments (EMA) ont été en première ligne de l'action. La Commission a ainsi proposé d'augmenter les moyens de ces deux agences.

Le mandat du Centre européen de prévention et de  contrôle des maladies sera renforcé pour :

  • recommander des mesures de lutte contre les flambées épidémiques ;
  • surveiller l'évolution épidémiologique avec des moyens à la pointe de la technologie ;
  • apporter des recommandations de réponses sanitaires ;
  • élaborer un mécanisme d’alerte précoce et de réaction ; ;
  • créer un réseau de laboratoires de référence travaillant sur les nouveaux agents pathogènes.

Pour sa part, par l'extension de son mandat, l'Agence européenne des médicaments contribuera à faciliter une réaction coordonnée à l'échelle de l'Union pour :

  • surveiller et atténuer le risque de pénurie de médicaments et de dispositifs médicaux critiques ;
  • proposer des conseils scientifiques sur les médicaments susceptibles de traiter, prévenir ou diagnostiquer les maladies à l'origine des crises ;
  • coordonner les études d'innocuité et d'efficacité des vaccins ;
  • coordonner les essais cliniques.

Qu'en est-il de la stratégie européenne de vaccination ?

Le 11 novembre 2020, la Commission a déclaré avoir commandé 300 millions de doses de vaccins anti-Covid-19.

Tous les États auront accès en même temps aux vaccins contre le Covid 19 une fois ceux-ci disponibles et autorisés à l'échelle de l'UE, affirme la Commission européenne.

À cet égard, la Commission recommande la priorisation de certains groupes de personnes, notamment :

  • les professionnels de la santé ;
  • les travailleurs essentiels en dehors du secteur de la santé ;
  • les personnes âgées de plus de 60 ans ;
  • les personnes dont l'état de santé les expose particulièrement à des risques.