RSA, prime d'activité : des bénéficiaires plus nombreux

Fin 2018, les minima sociaux concernaient 10% de la population si on inclut les conjoints et les personnes à charge. Une récente étude révèle, parmi les évolutions statistiques notables, une hausse du nombre d'allocataires du revenu de solidarité active (RSA) en 2018 et des bénéficiaires de la prime d'activité en 2019.

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Onglets de dossiers (aides sociales, allocations familiales, RSA...).
Le RSA, qui rassemble 45% des effectifs des personnes sans ressource (1,92 million fin 2019), a connu, à nouveau, une augmentation du nombre d'allocataires en 2018 (+0,6%) et en 2019 (+1,1 %). © Olivier Le Moal - stock.adobe.com

En prenant en compte la fiscalité directe, les prestations sociales diminuent le taux de pauvreté de 8 points. En effet, la population métropolitaine pauvre serait de 22,1% si ces prestations et les impôts directs n’existaient pas. Cet effet est particulièrement marqué pour les familles monoparentales.

C'est ce qui ressort notamment de l'étude 2020 sur les minima sociaux et les prestations sociales menée par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

Cette étude porte à la fois sur :

  • les minima sociaux, au nombre de dix, qui sont des revenus de solidarité, constitués à 95% du revenu de solidarité active (RSA), de l'allocation spécifique de solidarité (ASS), de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et du minimum vieillesse ;
  • et les prestations sociales qui regroupent, entre autre, les aides au logement, les allocations familiales, la prime d'activité, la garantie jeunes, le chèque énergie...

Des allocataires du RSA en légère hausse

Les effectifs de certains minima sociaux continuent de diminuer (-7,4% en 2019 pour l'ASS qui concerne 351 000 chômeurs dont les droits sont épuisés).

Toutefois, le RSA, qui rassemble 45% des effectifs de cette catégorie (1,9 million d'individus fin 2019), a connu, à nouveau, une augmentation du nombre d'allocataires en 2018 (+1,1%), alors qu'une baisse était observée depuis 2016.

De même, les effectifs de l'allocation pour demandeurs d'asile (ADA) ont également progressé (+15,4% en 2018, soit 100 200 bénéficiaires).

Globalement les dépenses de minima sociaux croissent de 0,7% en 2018 pour s'élever à 27,2 milliards d'euros, soit 1,2% du PIB. Cette augmentation est en partie liée à une revalorisation de l'AAH (1,22 million de bénéficiaires en 2019) et du minimum vieillesse (568 100 retraités fin  2018) précise l'étude de la Drees.

Nouvelles statistiques mensuelles depuis l'apparition du Covid-19

Dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, une étude statistique mensuelle de la Drees fait état d'une hausse plus importante des allocataires du RSA (+8,5% en octobre 2020 par rapport à octobre 2019). De la même façon, les effectifs d'allocataires indemnisés au titre de l'ASS ont cru fortement entre mai et septembre 2020 (+10,7%). Une augmentation des bénéficiaires de l'aide au logement a également été constatée entre octobre 2019 et octobre 2020 (+2,4%). En revanche, le nombre de bénéficiaires de la prime d'activité a diminué à la fin du premier confinement de juin à septembre 2020 (-3,5%), comme le nombre de jeunes entrant dans le dispositif garantie jeunes (80 200 fin juillet 2020 contre 89 800 fin février 2020).

Une forte augmentation des bénéficiaires de la prime d'activité

Du côté des prestations sociales, ce sont la prime d'activité (4,5 millions de foyers, +42,7% en 2019) et la garantie jeunes (83 200 bénéficiaires de 16 à 25 ans, +11,7% en 2018) qui enregistrent les plus fortes progressions en effectifs en 2018 et 2019. La forte augmentation du nombre d'allocataires à la prime d'activité en 2019 s'explique par une modification des seuils d'éligibilité avec effet rétroactif, décidée par le gouvernement à la suite du mouvement des gilets jaunes.

Les aides au logement (6,6 millions de foyers fin 2018) et les prestations familiales (6,8 millions de familles fin 2018) connaissent une légère diminution du nombre de bénéficiaires.

53% des bénéficiaires de ces aides sociales disposent d'un revenu inférieur à 50% du niveau de vie médian (soit 867 euros par mois pour une personne seule) et sont considérés comme pauvres. 35% doivent se restreindre dans leur alimentation et 20% connaissent des difficultés de logement. L'étude de la Drees relève que 41% des bénéficiaires de minima sociaux souffrent d'isolement.