Numérisation des entreprises : l'impact de la crise sanitaire du Covid-19

Méthodes de production, innovation, productivité... La numérisation des entreprises modifie leur fonctionnement. Comme la crise sanitaire du Covid-19 le montre, le numérique a facilité de nouveaux modes d'organisation ou encore la vente à distance. Mais, comme ailleurs en Europe, des différences persistent entre TPE-PME et grandes entreprises.

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Crise sanitaire oblige, un fleuriste vérifie ses commandes à distance à l'aide de sa tablette tactile.
Pendant le confinement, les PME du commerce de détail qui vendent en ligne ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure en moyenne de 25 points à celles qui ne reçoivent pas de commandes en ligne. © Vaksmanv - stock.adobe.com

Télétravail, "cloud", intelligence artificielle, traitement des données, impression 3D, développement des plateformes numériques, commerce en ligne...

L'étude de novembre 2020 réalisée par la Direction générale du Trésor sur la numérisation des entreprises françaises analyse les avantages mais aussi certains inconvénients de cette numérisation. Les enjeux sont exposés dans le contexte de la crise sanitaire et en fonction de la taille des entreprises, dans le cadre de l'économie européenne.

Technologies numériques : ce que révèle la crise sanitaire

La crise sanitaire du Covid-19 a mis en avant les bénéfices des technologies numériques qui ont permis d'amortir le choc économique :

  • du côté de l'offre en permettant le télétravail ;
  • du côté de la demande en rendant possible la consommation à distance.

Pendant le confinement, les PME du commerce de détail qui vendent en ligne ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure en moyenne de 25 points à celles qui ne reçoivent pas de commandes en ligne. Le niveau d'équipement en ordinateurs portables des entreprises a permis d'amortir dans certains secteurs les conséquences de la crise sanitaire grâce au télétravail.

Par ailleurs, les technologies numériques ont des bénéfices sur la productivité et sur l'innovation :

  • automatisation des tâches ;
  • prévision de la demande grâce à l'analyse des données ;
  • coûts de recherche de l'information réduits pour le consommateur grâce aux plates-formes numériques ;
  • accès des petites entreprises à des marchés plus larges dans certains secteurs.

Selon l'étude, la numérisation peut aussi avoir des inconvénients :

  • destruction d'emplois industriels ;
  • développement des entreprises les plus robotisées au détriment des autres ;
  • fragilisation du tissu productif (entreprise captive d'un service ou d'une technologie) :
  • vulnérabilité des entreprises (altération, divulgation de données, indisponibilité des systèmes d'information).

Ces enseignements doivent être pris en compte dans le plan de relance qui prévoit une enveloppe de 385 millions d'euros pour le financement de la numérisation des entreprises.

L'accompagnement des entreprises doit se faire en complément du développement des infrastructures (très haut débit, 5G) et de politiques de soutien du numérique (soutien à la recherche, formation, cybersécurité, numérisation de l'administration...). Il doit consister principalement dans des dépenses d'accompagnement et de formation des chefs d'entreprise et des salariés.

Des entreprises françaises dans la moyenne européenne

Le tissu industriel français est dans la moyenne européenne pour la numérisation des processus de production notamment en terme de robotisation.

Si les entreprises françaises sont en retard en matière de logiciels de relation clients, elles présentent une avance sur leurs concurrentes européennes dans les progiciels de gestion, le traitement automatisé des factures, l'informatique en nuages ou les données de masse.

L'industrie française présente un taux d'investissement élevé dans les technologies d'information et de communication (6,7% de la valeur ajoutée manufacturière, contre 1,3% en Allemagne et 2,3% en Italie).

Toutefois, comme dans les autres pays européens, les TPE et les PME sont moins numérisées que les grandes entreprises. En 2016, 19% des TPE françaises n'ont pas accès à internet (93% y ont accès en Allemagne), 32% ont un site internet (64% en Allemagne) et seulement 6% vendent en ligne. En revanche, les taux de numérisation des PME sont proches en Allemagne et en France.