Sexe et genre : quel impact sur la santé ?

La Haute Autorité de santé étudie dans son analyse prospective annuelle comment les pathologies, la mortalité, le diagnostic, les soins, l’écoute, la prévention sont impactés par le sexe et le genre des patients.

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Foule marchant dans la rue.
Prendre en compte le sexe et le genre n’est que le début d’une réflexion que la HAS souhaite plus large, afin d'améliorer les politiques de santé et l'accompagnement des professionnels de terrain. © blvdone - stock.adobe.com

En matière de santé, les différences liées au sexe (ensemble de caractéristiques physiques et biologiques) ou au genre (représentations sociales du sexe), que ce soit dans le diagnostic, l’écoute, le soin ou la prévention, sont nombreuses mais peu documentées voire ignorées et, en conséquence, source d’iniquités. 

Pour sa troisième édition, la Haute Autorité de santé (HAS) a choisi de construire son analyse prospective annuelle du système de santé autour du sexe et du genre qui influent sur l'état de santé et le ressenti des patients mais aussi sur l'attitude des professionnels de santé. Prendre en compte le sexe et le genre n’est, pour la HAS, que le début d’une réflexion qu’elle souhaite plus large et qui engloberait d’autres différences comme l’âge, l’origine ethnique, le parcours de vie, avec pour objectif la mise en place de dispositifs ciblés pour améliorer le soin et la prévention.

L’impact sur les maladies et les décès

  • Des différences de morbidité : les hommes déclarent en général moins de pathologies que les femmes. Au-delà de 65 ans, les pathologies déclarées sont différentiées. Les femmes citent plus des problèmes d’incontinence urinaire, des problèmes du système ostéoarticulaire, les hommes sont plus nombreux à citer le diabète. Les maladies cardio-vasculaires sont trop souvent considérées comme spécifiquement masculines alors que les femmes sont de plus en plus touchées. 40% des fractures d’ostéoporose touchent les hommes, pourtant cette maladie reste associée aux femmes.
  • Des différences de mortalité : sur 100 000 habitants la mortalité est 1,7 plus élevée chez les hommes. Les décès prématurés sont plus nombreux chez les hommes (22,6%) que chez les femmes (11,3%). Les décès par suicide touchent plus les hommes que les femmes. Les maladies mentales, troubles anxieux, états dépressifs sont moins pris en compte et pris en charge chez les hommes qui peuvent avoir tendance à compenser leurs souffrances psychiques par l’agressivité et des comportements à risque (alcool, drogue).

L’impact sur l’approche psychosociale

Bien que les femmes représentent la moitié des personnes handicapées, la reconnaissance et la prise en charge du handicap est plus nette chez les hommes. Cette surreprésentation masculine est particulièrement marquée pour la rente d’incapacité (67%) et l’emploi pour personne handicapée (63%).

Les personnes âgées et handicapées sont souvent confrontées à une forme d’asexuation, d’ignorance de leur besoins particuliers (par exemple la prise en compte de la féminité) et des difficultés dans leur accès aux soins.

Concernant la grande précarité, les femmes sans domicile sont plus rarement dans la rue car mieux prises en charge. Elles rencontrent des problèmes spécifiques d’hygiène, de violences sexuelles, physiques et psychologiques.

Les personnes trans sont particulièrement touchées par les précarités professionnelle, économique, familiale et sociale, qui affectent leur qualité de vie et leur état de santé.

Le traitement dans les domaines de la protection de l’enfance et de la protection judiciaire de la jeunesse est différencié. Il ressort des différents travaux menés auprès des intervenants en protection de l’enfance, des réticences de la part de nombreux professionnels à travailler avec des filles et des femmes délinquantes, perçues comme particulièrement difficiles et exigeantes.