Pollution plastique : les limites du recyclage

Troisième matériau le plus fabriqué au monde après le ciment et l'acier, le plastique a engendré une pollution importante, source de menaces pour l'environnement. Selon un récent rapport, le recyclage des déchets plastiques est plus efficace qu'auparavant. Mais le recyclage de ces déchets se heurte aussi à certaines limites.

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Poubelle débordante de déchets plastiques en pleine nature.
79% (soit 4,6 milliards de tonnes) des pollutions visibles des macroplastiques sont mis en décharge ou jetés directement dans l'environnement, 12% ont été incinérés et 9% ont été recyclés entre 1950 et 2015. © boyloso - stock.adobe.com

Matière prisée par les industriels et par les consommateurs, le plastique a, sous ses formes diverses et par ses qualités, connu un essor considérable. Sa production mondiale (360 millions de tonnes en 2018) devrait doubler d'ici à 2050. Cette forte croissance est tirée par l’essor du secteur de l’emballage (36% de la part du marché mondial).

C'est dans ce contexte qu'a été présenté, le 10 décembre 2020, le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur la pollution plastique. Ce rapport estime que les mesures prises en 2016 et depuis la loi du 10 février 2020 sur la lutte contre le gaspillage et sur l’économie circulaire sont encore trop récentes pour produire des effets et permettre le contrôle de leur efficacité.

Étayées par les travaux scientifiques les plus récents sur le sujet, une série de recommandations de l'OPECST met néanmoins déjà l'accent sur la sensibilisation et l'éducation des citoyens ainsi que sur de nouvelles actions à l’échelon européen et international.

Une menace pour l’environnement et la santé

81% des plastiques mis en circulation deviennent des déchets au bout d’une année.

79% (soit 4,6 milliards de tonnes) des pollutions visibles des macroplastiques (> à 5 mm) ont été mis en décharge ou jetés directement dans l’environnement, 12% ont été incinérés et 9% ont été recyclés entre 1950 et 2015. Globale et diffuse, cette pollution concerne tous les pays par sa diffusion au travers des mers et océans ou du fait de son exportation. Ainsi, 12% du total des déchets plastiques de la Chine étaient, avant leur interdiction, importés du reste du monde. 

Les recherches sur l'impact des microplastiques (< à 5 mm), comme les granulés industriels ou les fibres synthétiques, et des nanoplastiques (dont la taille est comprise entre 1 nm et 1µm) sont récentes et encore incomplètes.

Cette pollution diffuse et invisible constitue cependant une menace pour les écosystèmes et la santé humaine. 1,4 million d’oiseaux et 14 000 mammifères seraient retrouvés morts chaque année en raison de l’ingestion de macroplastiques. Enfin, les déchets plastiques peuvent être sources de contaminants (perturbateurs endocriniens, polluants organiques persistants).

Les limites du recyclage du plastique

L'OPECST souligne une prise de conscience de l'ampleur de la pollution due aux plastiques notamment par l'Union européenne et la France (ordonnance du 29 juillet 2020 sur la prévention et la gestion des déchets).

Toutefois, dans le cadre de l’économie circulaire, le recyclage des  plastiques n'est pas infini et se heurte à plusieurs limites économiques, techniques et réglementaires. Ainsi, le taux de recyclage des emballages plastiques ne s’élèverait qu'à 42% au niveau européen. En France, 778 000 tonnes de déchets plastiques (soit 23%) ont été collectées pour recyclage. La réduction de la pollution chimique par les microplastiques ne fait quant à elle actuellement l’objet d’aucune stratégie spécifique.

Les principes de l’économie circulaire sont incompatibles avec l’idée d’une augmentation de la consommation de matières premières. En effet, cette approche implique aussi une politique plus volontariste de réduction de la consommation et de développement du réemploi et de la réutilisation

L'OPECST rappelle d'ailleurs que la lutte contre la pollution plastique est "l’affaire de tous" et, au premier chef, des citoyens. Les solutions ne peuvent se limiter aux seules actions des pouvoirs publics et des acteurs économiques.

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