Covid-19 : santé, éducation, emploi, quelles incidences pour les jeunes ?

La pandémie qui sévit depuis début 2020 provoque une crise sanitaire, économique et sociale. Le coronavirus touche relativement peu les enfants et les jeunes dans ses formes graves. Mais les conséquences de la pandémie les frappent également en affectant leur santé psychologique, leurs apprentissages et leur niveau de vie.

Jeune fille sur son lit en désordre fatiguée de rester à la maison pendant le confinement.
La crise sanitaire a affecté notamment les jeunes de moins de 18 ans, en générant ou aggravant des expressions de mal-être, voire de détresse. Les tentatives de suicide ont d'ailleurs augmenté. © TheVisualsYouNeed - stock.adobe.com

Plus de 50% des jeunes auditionnés lors d'une enquête parlementaire sont inquiets sur leur santé mentale, 30% ont renoncé à l’accès aux soins pendant le Covid-19 faute de moyens... C'est ce qui ressort notamment d'une récente enquête parlementaire.

Selon un rapport publié en décembre 2020 concernant les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la  jeunesse, les jeunes ne sont pas épargnés par les conséquences du virus.

En effet, ils en subissent non seulement une précarisation économique mais aussi toute une série de ruptures scolaires, affectives, psychologiques.

Un impact sur leur santé psychologique

Les moins de 18 ans ont un faible risque de contracter le Covid-19. Lorsque c'est le cas, ils développent le plus souvent des formes bénignes de la maladie. Néanmoins, la crise affecte leur santé en générant ou en aggravant en particulier des troubles psychologiques. Des expressions de mal-être, voire de détresse, apparaissent chez les adolescents et les jeunes adultes. Les tentatives de suicide augmentent. Les étudiants sont les plus touchés. Ceux qui ne peuvent pas regagner le domicile familial ou leur pays d’origine souffrent d’isolement.

Un accès revu à l’éducation

La crise a imposé à tous l’enseignement à distance. Les mesures visant à maintenir la continuité pédagogique lors du premier confinement ont souligné la fracture numérique, c’est-à-dire les inégalités d’accès à l’outil informatique, et le sous-investissement technologique de l’éducation nationale.

L’interruption des cours en établissement creuse les inégalités sociales et scolaires, portant un lourd préjudice aux élèves en difficulté ou en situation de handicap. Des familles ont été démunies pour faire l’école à la maison. Le décrochage scolaire lié au confinement est plus marqué dans la voie professionnelle : il a concerné 4,7% des élèves au collège, 3% en lycée général et 9,7% en lycée professionnel. Les apprentissages des élèves ont pâti du confinement.

Les modalités de concours et d’examens comme le baccalauréat ont été également redéfinies. La session 2021 du baccalauréat, la première du nouveau baccalauréat, est aussi adaptée.

Enfin, de nombreux bacheliers 2020 sont entrés à l’université et n’ont pu ni bénéficier de cours sur site ni commencer leur vie étudiante. Cet isolement les fragilise. Les étudiants de classe préparatoire ou de grande école sont moins affectés par la situation.

Une montée de la pauvreté

La crise accentue les vulnérabilités sociales et fait basculer des foyers dans la précarité. Les enfants et les jeunes sont particulièrement touchés. La France compte 2,9 millions de mineurs en situation de pauvreté (soit 21%). Les moins de 30 ans représentent 35% de la population et près de 50% des personnes pauvres.

La hausse du coût de la vie et les suppressions d’emploi dues à la crise font reculer le niveau de vie des étudiants. Beaucoup renoncent à des soins ou à des achats de première nécessité pour des raisons financières.

La crise complique l’obtention d’un premier poste ou d’un stage et accroît le chômage des jeunes. Le plan "Un jeune, une solution", lancé en juillet 2020, vise à favoriser leur insertion professionnelle.

Le rapport formule des propositions afin de pallier les effets négatifs de la crise sur la jeunesse. Il suggère principalement de replacer les enfants et les jeunes au cœur des politiques publiques.