Admission post-bac : des parcours universitaires plus difficiles en cas de tirage au sort

Selon une étude publiée par l'INSEE, le tirage au sort à l’entrée en licence dans le cadre de la procédure Admission post-bac (APB) avait des conséquences marquantes sur la réussite des étudiants. Depuis 2018, de nouvelles modalités d'accès à l'enseignement supérieur prévalent.

Vue en plongée sur des pieds chaussés de basket avec sur le sol des flèches dessinées en tout sens.
Les conséquences du tirage au sort n’ont pas été uniformes socialement et disciplinairement. C'est ce qui a, entre autres constats, mené à une refonte de l'entrée dans l'enseignement supérieur. © Delphine Poggianti - stock.adobe.com

Staps (sport), droit, psychologie... De 2009 à 2017, les affectations des lycéens dans l'enseignement supérieur était gérée par la procédure Admission post-bac (APB). Avec cette plateforme, le recrutement en licence était non sélectif. Les candidats qui souhaitaient intégrer une des licences dites "en tension" en premier vœu, étaient départagés par tirage au sort si la licence n’avait pas la capacité d’accueillir tous les candidats.

Dans une étude publiée en janvier 2021 sur le dispositif APB, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) évalue l'impact du tirage au sort dans les licences "en tension" sur l'avenir universitaire des étudiants. 

Forte incidence du tirage au sort sur le devenir des étudiants

Plusieurs constats ont mené à la refonte de la procédure d'affectation dans l’enseignement supérieur par tirage au sort alors en place dans APB :

  • un fort taux d’échec en licence et particulièrement entre la 1re et la 2e année (44% de réussite). Si cela peut en partie s’expliquer par des réorientations, l’augmentation de la population étudiante (+23% entre 2010 et 2018) a entraîné une pression sur les capacités d’accueil des universités ;
  • la demande excédant l’offre de formation, 110 licences étaient "en tension" en 2017 (deux fois plus qu’en 2016). Le tirage au sort était le moyen de départager les candidats souhaitant intégrer ces filières. Or, les parcours des élèves refusés dans leur premier choix ont été plus chaotiques. L'enquête révèle que leur situation était moins favorable pour s’inscrire au moins une fois dans le supérieur et qu'ils avaient plus de chances de redoubler ou de se réorienter ;
  • les conséquences du tirage au sort n’ont pas été uniformes socialement et disciplinairement. Des filières ont été plus touchées que d'autres, comme les licences de Staps ou de droit. Le profil des candidats et leur parcours au lycée ont également joué. Une fois acceptés à l’université, les candidats issus de bacs généraux ont plus de chance que ceux issus des bacs professionnels, de réussir leurs études après trois ans.

De nouvelles modalités d'accès à l'enseignement supérieur

En 2018, la loi sur l'orientation et la réussite des étudiants (loi Ore) a remplacé la procédure APB par la plateforme Parcoursup. Lors de la préinscription, des informations sont disponibles sur l’ensemble des formations et leurs capacités d'accueil. Par la suite, les élèves ne sont plus départagés par tirage au sort mais sur la base de leur dossier scolaire.

D’autres éléments de la réforme sont appelés à transformer le recrutement post-bac, parmi lesquelles le développement des parcours de remédiation en licence (cursus en quatre ans, cours de remise à niveau) et la mise en place d’un quota d’étudiants boursiers dans toutes les formations du supérieur.

L’ouverture de places supplémentaires dans les licences "en tension" est aussi un moyen d’avoir un impact positif sur le parcours des étudiants dans l’enseignement supérieur.