L’apprentissage en France : une progression record en 2020

L’apprentissage a poursuivi en 2020 sa croissance amorcée en 2015. Il a même connu une hausse historique de près de 40% malgré la crise sanitaire et économique. Plus de 500 000 contrats ont été signés, dont 495 000 dans le secteur privé.

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Jeune apprentis boulanger en plein travail.
Le recours à l’apprentissage en 2020 a concerné toutes les régions. Avec une concentration en Île-de-France, suivi des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie. © Koldo_Studio - stock.adobe.com

Commerce de gros et de détail ou encore services, l'apprentissage s'est développé dans de nombreux secteurs. Il s'est maintenu dans ses secteurs traditionnels (BTP, industrie et artisanat) malgré la crise sanitaire et économique en lien avec l'épidémie de Covid-19.

Le ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion a publié le 5 février 2021 un communiqué et un dossier de presse sur les chiffres de l’apprentissage en 2020. Il dévoile les causes et les caractéristiques de la montée de l’apprentissage.

Les raisons d'une forte hausse

Cette forte hausse de l’apprentissage résulte :

  • de la loi du 5 septembre 2018, qui a libéralisé l’apprentissage (conditions d’entrée et offre de formation). Comme elle a rendu le financement du contrat d’apprentissage plus avantageux pour les organismes de formation que celui de professionnalisation, des contrats de professionnalisation ont été transformés en contrats d’apprentissage. On estime qu’il y a eu en 2020 une création nette de 60 000 places en alternance sous la forme de contrats d’apprentissage ;
  • du plan "1 jeune, 1 solution" lancé en juillet 2020 pour aider les jeunes dans la crise. Il prévoit une prime destinée à inciter les entreprises à recruter des apprentis : 5 000 euros pour l’embauche d’un mineur et 8 000 euros pour celle d’un majeur, jusqu’au 31 mars 2021. Au 5 février, plus de 400 000 demandes de prime ont été déposées.

Quelles caractéristiques ?

Le recours accru à l’apprentissage en 2020 a concerné toutes les régions. L’Île-de-France enregistre le plus grand nombre de signatures de contrat (108 055), suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (59 749) et l’Occitanie (41 932).

Des entreprises de toutes tailles participent à ce développement. Grâce aux primes du plan "1 jeune, 1 solution", les très petites, petites et moyennes entreprises conservent leur poids prépondérant dans l’apprentissage (77% des contrats).

L'apprentissage touche surtout les personnes préparant un diplôme de l’enseignement supérieur (57,5% des contrats signés), principalement de niveau bac + 2 (22%). Le niveau de qualification correspondant au certificat d’aptitude professionnelle (CAP) et au brevet d’études professionnelles (BEP) représente 26% des contrats.

Enfin, l'apprentissage se développe dans les secteurs du commerce de gros et de détail (21,3% des contrats, hormis l’hôtellerie-restauration) et les services (8,3%). L’apprentissage se maintient dans le bâtiment et les travaux publics (10%), l’industrie et l’artisanat malgré l’impact de la crise.