Loi d'orientation des étudiants : comment évaluer son impact sur la réussite en licence ?

L’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche publie un rapport qui vise à évaluer l’impact de la loi d’orientation et de réussite des étudiants (loi ORE), trois ans après son adoption. Ce volet s’attache spécifiquement à la situation des étudiants en licence et pointe les failles du système pour les parcours peu linéaires.

Étudiant dans une salle de conférence vide dans une université.
Le système existant ne prend pas suffisamment en compte la diversité croissante des parcours, notamment lorsqu’ils sont marqués par des changements d’établissements supérieurs. © Anke Thomass - stock.adobe.com

Dans le cadre de l'évaluation de la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants (loi ORE) qui a notamment instauré la plateforme Parcoursup pour l'accès au premier cycle de l'enseignement supérieur, l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche propose dans un rapport une méthodologie pour mesurer les crédits ECTS et prendre en compte tous les profils des étudiants.

Si, en première année de licence, les néobacheliers sont majoritaires, 12 à 22% des étudiants en licence ont suivi un parcours de réorientation et 15 à 20% sont redoublants. L’Inspection générale s’attache à trouver les moyens, pour cette catégorie, de ne pas perdre les acquis des années précédentes, en distinguant et en valorisant dans le système d’évaluation les parcours spécifiques de chacun.

Une diversité des parcours souvent pénalisante

Pour mieux cerner les difficultés, le rapport propose la formalisation au niveau national de cinq profils d’étudiants :

  • les néobacheliers et néo-entrants en deuxième ou troisième année de licence (L2 ou L3) ;
  • les redoublants ;
  • les étudiants en réorientation ;
  • les candidats en reprise d’étude ;
  • une catégorie “autres”.

Les rapporteurs ciblent particulièrement, dans ce premier volet, les parcours non linéaires et les périodes de formation continues ou discontinues durant lesquelles les étudiants ont validé des connaissances et des compétences. Le système existant ne prend pas suffisamment en compte cette diversité croissante des parcours notamment lorsqu’ils sont marqués par des changements d’établissement d'enseignement.

Une meilleure prise en compte des parcours par les jurys

Pour parvenir à une meilleure approche de ces cas, les auteurs suggèrent deux mesures majeures : 

  • renforcer la réglementation en vigueur pour que chaque étudiant bénéficie d’une décision du jury de l’établissement d’origine actant le nombre de crédits ECTS (European crédits transfert scale, sorte d’unités de valeur) acquis ;
  • exiger un examen systématique, par le jury du diplôme concerné, de la situation spécifique de l’étudiant afin de déterminer les crédits pris en compte.

Enfin, le rapport recommande l’élaboration d’un nouveau logiciel de gestion de la scolarité qui, sur le modèle du dossier de suivi médical, établit un dossier numérique étudiant unique en articulation avec le système Parcoursup. Ce dossier devrait faciliter l’identification du profil des étudiants en s'appuyant sur plusieurs leviers :

  • la dématérialisation des données relatives aux formations antérieures afin de faciliter leur utilisation par les commissions d’examen des voeux ;
  • l’importation de ces données dans les systèmes d’information et leur utilisation pour la construction de contrats pédagogiques de réussite des étudiants (CPRE) ;
  • leur intégration dans le nouveau logiciel Pegase afin de garantir aux étudiants une capitalisation optimale des unités d’enseignement validées et des crédits ECTS acquis.