Comment les populations de poissons pêchées en France se portent-elles en 2020 ?

La France est le quatrième pays européen en volume de poissons capturés, derrière le Royaume-Uni, le Danemark et l’Espagne. Le suivi scientifique des principales communautés de poissons informe sur leur état. Au vu de ces données, les pouvoirs publics encadrent la pêche de certaines espèces pour préserver leurs capacités de reproduction.

Pêcheur professionnel libérant un poisson emmêlé dans un filet.
Le plan de gestion pluriannuel en Méditerranée prévoit de fermer temporairement certaines zones pour protéger les juvéniles et de limiter les jours de pêche au chalut afin de réduire les prises de 30% d’ici 2025. © Danièle Russo - stock.adobe.com

L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a publié le 12 février 2021 le "Bilan 2020 de l’état des populations de poissons pêchées en France". Il révèle que l’état de ces populations s’améliore mais qu’il reste beaucoup à faire pour concilier exploitation des ressources et protection des écosystèmes.

Une pêche de plus en plus durable

En 2020, 60% du volume de poissons débarqués sur les côtes de France métropolitaine proviennent de populations exploitées durablement, contre 15% il y a 20 ans. La surpêche touche encore 21% des espèces et 2% des espèces sont considérées comme "effondrées", c’est-à-dire que la quantité de reproducteurs ne suffit pas à assurer le renouvellement des générations.

Pour améliorer l’état des populations de poissons, plus de 160 d’entre elles sont évaluées en France métropolitaine, contre 80 en 2000. En fonction de différents scénarios de gestion, les chercheurs prévoient l’évolution des principales communautés exploitées et déterminent les niveaux de prélèvement compatibles avec un développement durable. Des plans d’urgence déclenchés à la suite d’alertes des scientifiques ont paré à l’effondrement d’espèces comme le merlu du golfe de Gascogne ou le thon rouge de Méditerranée et de l’Atlantique.

Mais la France n’a atteint ni l’objectif fixé à l’échelle européenne par la politique commune de la pêche (100% de populations en bon état en 2020), ni celui de la directive-cadre "stratégie pour le milieu marin" de 2008, qui impose aux États membres le retour au "bon état écologique" du milieu marin et de ses ressources en 2020.

Une situation dégradée en Méditerranée

61% (en volume) des populations de poissons pêchées en Méditerranée ne font pas l’objet d’un suivi scientifique, leur état est donc méconnu. Parmi les communautés évaluées, qui représentent 8 espèces sur les 274 débarquées, un tiers subissent une forte surpêche, principalement le rouget et le merlu. Le thon rouge est en voie de reconstitution grâce aux restrictions de pêche décidées dans les années 2000.

L’Union européenne a adopté en 2019 le premier plan de gestion pluriannuel de la pêche en Méditerranée occidentale, en vigueur depuis janvier 2020. Il s’applique à :

  • la France, l’Espagne et l’Italie, dont des navires opèrent dans cette zone ;
  • six espèces vivant près des fonds marins et dont les populations, déjà très peu abondantes au début des années 2000, ont encore diminué de 20% depuis.

Le plan prévoit de fermer temporairement certaines zones pour protéger les juvéniles et de limiter les jours de pêche au chalut afin de réduire les prises de 30% d’ici 2025. Les experts de l’Ifremer considèrent cette réduction comme le moyen le plus efficace de restaurer les populations.