Forêts et filière bois : quelles orientations jusqu'en 2026 ?

La forêt française s’étend sur 16,9 millions d’hectares en métropole (soit 31% du territoire) et 8,7 millions en outre-mer. Retour sur le Programme national de la forêt et du bois (PNFB) 2016-2026 qui fixe les orientations de la politique forestière pour les forêts publiques et privées en France.

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Forêt de hêtres en France.
La forêt métropolitaine gagne du terrain depuis le XIXe siècle : sa surface a doublé entre 1830 et 2015. © AVTG - stock-adobe.com

La forêt est un lieu récréatif, un espace de préservation de la biodiversité, mais aussi une source d’emplois et de richesse économique. Elle contribue à réduire les gaz à effet de serre (GES).

En application de la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt (LAAAF), le Programme national de la forêt et du bois (PNFB) 2016-2026 fixe les grandes lignes de la politique forestière menée en France.

Programme 2016-2026 : quels objectifs ?

Le PNFB vise à :

  • augmenter les prélèvements de bois en France tout en assurant le renouvellement de la forêt ;
  • répondre aux attentes des citoyens vis-à-vis de la forêt et les sensibiliser à ses enjeux (le PNFB se décline dans chaque région en un programme régional de la forêt et du bois) ;
  • préparer les forêts au changement climatique et atténuer ses effets ;
  • créer des débouchés aux produits issus de la forêt et adapter sa gestion aux besoins du marché.

Pour atteindre ces objectifs, le PNFB prévoit d’initier des évolutions majeures en forêt. Le PNFB souhaite par exemple renforcer la prévention et la lutte contre les risques et mieux réguler les populations de gibiers qui empêchent les jeunes arbres de se développer (la concertation entre chasseurs et forestiers sera favorisée). Ce programme porte aussi sur la diminution des incertitudes liées au changement climatique (par l’expérimentation, la recherche et la diffusion des résultats aux propriétaires forestiers). Il s'agit par ailleurs de dynamiser la gestion de la forêt en encourageant le regroupement de propriétaires et en développant les outils numériques qui leur permettent d’accéder à des données économiques et cartographiques.

Le PNFB veut enfin améliorer la compétitivité et l’attractivité de la filière en modernisant les outils et les processus de fabrication grâce à l’innovation.

Une surface forestière en progression

La forêt métropolitaine gagne du terrain depuis le XIXe siècle : sa surface a doublé entre 1830 et 2015. Elle représente 10% de la surface forestière de l’Union européenne, se plaçant au quatrième rang derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne.

La forêt française appartient pour 75% à des propriétaires privés, pour 15% à des collectivités territoriales et pour 10% à l’État (forêt domaniale).

Elle abrite 138 essences d’arbres :

  • 71% de feuillus (surtout des chênes et des hêtres) ;
  • 29% de résineux (pin, épicéa).

Elle devra faire face d’ici 2050 au changement climatique (hausse des températures, modification des régimes hydriques). Sa situation actuelle la rend vulnérable aux effets de la sécheresse, du vent et des risques sanitaires.

La filière forêt-bois génère quelque 440 000 emplois et participe au dynamisme des territoires. Elle permet de compenser 20% des émissions françaises de gaz carbonique puisque la forêt et le bois stockent le carbone d'autant que le bois se substitue aussi à des énergies fossiles et à des matériaux plus énergivores.

La filière forêt-bois a vocation à participer pleinement à la réduction des GES, conformément aux engagements de l’accord de Paris. Cet objectif nécessite d’accroître la productivité de l’industrie du bois et d’adapter la forêt et les pratiques sylvicoles au changement climatique.