Travail à temps partiel : des disparités entre femmes et hommes

Le temps partiel touche davantage les femmes et contribue à baisser leur rémunération par rapport à celle des hommes. Mais les femmes choisissent-elles des métiers où le temps partiel est fréquent ou est-ce l'exercice de ces métiers par des femmes qui y favorise le temps partiel ?

Temps partiel et disparités. Femme en bleu de travail vérifiant une liste de matériel dans un entrepôt.
Un métier regroupant au moins 65% de femmes ou d’hommes est considéré comme non mixte. Le temps partiel est plus courant dans les professions féminisées. © Drazen - stock.adobe.com

L’activité professionnelle féminine s’est développée progressivement au XXe siècle, sous l’effet d’évolutions sociales et économiques. Les femmes représentent aujourd’hui 50,4% du salariat et leur nombre augmente dans la plupart des secteurs économiques. Mais hommes et femmes se répartissent encore inégalement entre les métiers.

Par ailleurs, depuis 40 ans, les femmes occupent huit emplois à temps partiel sur dix, en général des postes peu qualifiés et faiblement rémunérés.

Face à ce constat, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a publié, fin mars 2021, un article sur les inégalités femmes-hommes en matière de temps partiel en France.

Les emplois féminisés plus souvent à temps partiel

Un métier regroupant au moins 65% de femmes ou d’hommes est considéré comme non mixte. Le temps partiel est plus courant dans les professions féminisées.

La France compte :

  • 45 professions à prédominance masculine exercées par 38% des salariés avec 64% d'hommes (dont 3% à temps partiel) et 12% de femmes (16% à temps partiel) ;
  • 24 métiers à prédominance féminine exercés par 43% des salariés avec 70% de femmes (dont 33% à temps partiel) et 18% d'hommes (9% à temps partiel). Les métiers d’agent d’entretien, d’enseignant et d’aide-soignant emploient à eux seuls un cinquième des femmes salariées.

On distingue également le temps partiel :

  • contraint : attaché au poste occupé, il s’impose au salarié. Il concerne essentiellement une main-d’œuvre ouvrière et employée, surreprésentée dans les professions féminisées ;
  • choisi, accordé au salarié à sa demande. Il est plus fréquent chez les femmes et chez les non-cadres des métiers mixtes et à prédominance féminine. Il répond à des motivations familiales pour les femmes et professionnelles pour les hommes (autre emploi en parallèle, formation, études). Les femmes recourent davantage au temps partiel si elles ont des enfants, notamment en bas âge, et un conjoint (en particulier si celui-ci est cadre). Les femmes ayant un diplôme de niveau bac + 2 sont celles qui recourent le plus au temps partiel.

Une ségrégation sexuée des métiers

Selon le rapport de la Dares, pour certains analystes, ce déséquilibre sur le temps partiel persiste car les femmes et les hommes auraient des préférences et des aptitudes distinctes les conduisant vers des activités différentes. Les femmes choisiraient plus volontiers les professions de l’enseignement ou du soin. Or, les compétences mises en œuvre dans ces métiers, considérées comme naturelles, seraient peu reconnues.

D’autres analystes estiment que des barrières plus ou moins explicites freinent l’accès des femmes à certains emplois stables et qualifiés. Ces barrières résulteraient de "manœuvres défensives" des travailleurs masculins et de leurs représentants (demandes de certifications, conditions d’ancienneté…) visant à préserver leurs avantages.

Dans le même temps, le travail à temps partiel a progressé depuis son émergence dans les années 1970. Conçu initialement pour permettre de mieux concilier vie professionnelle et vie privée, il a ensuite été utilisé pour lutter contre le chômage et donner plus de flexibilité aux entreprises. Les femmes, employées dans des secteurs peu protégés, ont été les premières victimes de la flexibilité du temps de travail.