Pollution de l’air : l'impact du premier confinement sur la mortalité

La France a connu, à partir du 17 mars 2020, un confinement strict destiné à lutter contre la première vague de l’épidémie de Covid-19. Cette mesure sans précédent a eu des répercussions sur la santé, l’économie, la société et l’environnement. Elle a notamment permis de réduire la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé.

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Jeune garçon gêné par la pollution et équipé d'un masque de protection.
L’exposition au NO2 causerait quelque 7 000 décès prématurés chaque année et les particules fines, plus nocives, 40 000 décès par an. © wckiw - stock.adobe.com

Concentrations dans l'air de dioxyde d'azote (NO2) provenant essentiellement du trafic routier ou encore présence dans l'air de particules fines comme les PM2,5 issues d'autres sources (chauffage ou épandages agricoles), la pollution de l'air a un effet néfaste sur la santé des populations.

Une étude publiée en avril 2021 par Santé publique France évalue les conséquences de la baisse de la pollution de l’air ambiant sur la mortalité pendant le confinement du printemps 2020.

Dans une mise en perspective plus large, cette étude réévalue aussi le poids de la pollution atmosphérique sur la mortalité en France entre 2016 et 2019.

Premier confinement : baisse de la pollution de l’air

Le ralentissement massif de l’activité économique dû au confinement pendant le printemps 2020 a provoqué une forte diminution des émissions de polluants atmosphériques et de la mortalité associée. Santé publique France a réalisé une évaluation quantitative d’impact sur la santé. Dans le cadre de cette étude, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) a estimé les incidences du confinement sur les polluants de l’air, en particulier concernant :

  • le dioxyde d’azote (NO2), issu principalement du trafic routier (les concentrations de NO2 ont chuté rapidement en raison des restrictions imposées aux déplacements urbains) ;
  • les particules fines en suspension dans l’air qui ont des sources multiples (leur baisse a été plus modérée et progressive car le confinement a peu ou pas affecté certaines sources d’émission comme le chauffage les jours froids au début de l’épidémie ou les épandages agricoles).

Ainsi, la réduction de la pollution atmosphérique a permis d’éviter environ :

  • 2 300 décès liés à l’exposition aux particules fines ;
  • 1 200 décès dus à l’exposition au NO2.

Ces résultats montrent qu’une action volontariste sur la réduction des émissions de polluants dans l’air atténue nettement l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé et la mortalité. Santé publique France appelle à tirer les leçons du confinement en identifiant les solutions les plus efficaces pour réduire durablement les niveaux de pollution de l’air et les impacts sur la santé (limitation de la circulation routière en zone urbaine et des émissions industrielles, développement du télétravail et de bonnes pratiques agricoles, amélioration des usages du chauffage au bois…).

Air et santé : quels effets sur la mortalité entre 2016 et 2019 ?

Santé publique France a évalué également le poids total de la pollution atmosphérique sur la mortalité à long terme en France métropolitaine entre 2016 et 2019, afin d’actualiser les estimations qu’elle avait publiées en 2016 sur la période 2007-2008. Il en ressort que, chez les personnes de 30 ans et plus :

  • l’exposition au NO2 causerait quelque 7 000 décès prématurés chaque année (soit 1% de la mortalité totale annuelle) et une perte d’espérance de vie de 1,6 mois ;
  • les particules fines, plus nocives, occasionneraient 40 000 décès par an (soit 7% de la mortalité totale) et feraient perdre 7,6 mois d’espérance de vie.

Toutefois, sur la période 2016-2019, 7% de la mortalité de la population française était attribuable à une exposition aux particules fines, contre 9% en 2007-2008. Malgré ce léger mieux, la pollution de l’air reste un facteur de risque majeur pour la santé et nécessite de poursuivre les efforts d'amélioration de la qualité de l’air à long terme, en agissant sur toutes les sources de pollution.

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