Blockchain : une technologie de stockage et de transmission d'informations à améliorer

La stratégie nationale blockchain a été lancée le 15 avril 2019. Elle vise à faire de la France un pays à la pointe de cette technologie. De juin 2019 à janvier 2020, une mission a travaillé à identifier les verrous technologiques autour de la blockchain. De ces travaux sont issues des recommandations sur les évolutions à mettre en place.

Illustration conceptuelle de blockchains permettant de stocker et de transmettre des informations sécurisées.
Le domaine bancaire, l'allègement des formalités et l'automatisation des remboursements dans le secteur de l'assurance, la traçabilité des produits constituent des applications multiples de la technologie du blockchain. © fotomek - stock.adobe.com

Souveraineté, sécurité (cryptographie, protocoles...), interopérabilité et évolutivité, consommation d'énergie, modèles économiques : dans son rapport sur les blockchains présenté le 15 avril 2021, la Direction générale des entreprises (DGE) identifie les différents verrous liés à la technologie blockchain. Après avoir analysé ces multiples problématiques, la DGE présente ses recommandations afin de permettre à la France d'être une "nation de la blockchain" au bénéfice de la société et du monde économique.

Blockchain : de quoi s'agit-il ?

Les applications de ces chaînes de blocs sont multiples : transactions dans le domaine bancaire (les cryptomonnaies reposent sur cette technologie), allégement des formalités et automatisation des remboursements dans le secteur de l'assurance, traçabilité des produits et mémoire des interventions en logistique... Les enjeux, en termes tant économiques que technologiques, sont donc majeurs.

La technologie blockchain permet de stocker et de transmettre des informations de manière hautement sécurisée. Les vérifications sont effectuées non par un organe central de contrôle, mais par des "nœuds" d'utilisateurs connectés en réseau, qui possèdent chacun une copie des données. Les modifications sont effectuées par l'ajout de blocs de données transmis à chaque nœud. Chaque bloc est lié au précédent et intégré dans un historique. La falsification est donc impossible.

La sécurité de cette technologie repose sur le mécanisme de consensus des nœuds à chaque ajout d'informations et sur la décentralisation de la gestion. Le rapport appelle confiance décentralisée la possibilité de faire coopérer des acteurs qui ne se font pas confiance sans passer par une tierce partie.

Quelles pistes d'avenir ?

Le rapport identifie les verrous de la blockchain, en France, sous trois aspects distincts :

  • maturité de la recherche sur ces sujets : le cadre théorique existe mais les solutions n'ont pas encore été mises en application ;
  • innovation : seule une vraie rupture technologique permettra des avancées dans les domaines les plus pointus de la technologie blockchain (contrats intelligents avancés ou autonomes, protocoles inter-blockchain...) ;
  • acteurs français : la France est en avance dans certains domaines (contrats intelligents, algorithmique distribuée) mais ne met pas suffisamment en avant son expertise dans d'autres (cryptographie). Pour le reste, aucun retard n'est à déplorer mais la concurrence internationale est active (modèles et mécanismes économiques, génie logiciel...). Cela implique une collaboration entre recherche et start-up.

Face à ce constat, le rapport fait une série de recommandations réparties en six domaines :

  • recherche : favoriser les actions interdisciplinaires et se concentrer sur la confidentialité et la gestion des données personnelles ou sensibles, le génie logiciel, les applications et les infrastructures blockchain ;
  • innovation : créer les outils qui favoriseront l'adoption de la technologie blockchain via des projets qui réuniront laboratoires et start-up ;
  • confiance numérique : l'identité numérique étant à la base de la confiance qui permet la technologie blockchain, le rapport préconise la création d'un véritable service public de l'identité numérique ;
  • appui aux politiques publiques : mise en place d'un comité consultatif issu de la recherche publique afin d'appuyer les projets de l'État ;
  • liens entre recherche publique et start-up : consolider et promouvoir la collaboration entre ces deux "mondes" ;
  • enseignement : augmenter le nombre de formations spécialisées et favoriser la formation en alternance dans les laboratoires de recherche et développement du domaine blockchain.