Logo Nutri-Score : quel bilan pour l'étiquetage nutritionnel ?

Trois ans après l’apparition du Nutri-Score sur les produits de consommation alimentaire, l’Observatoire de l’alimentation dresse un bilan du dispositif dont la vocation est double : inciter les populations à orienter leurs achats vers des produits plus sains et pousser les industriels à proposer une alimentation de meilleure qualité.

Consommatrice, dans un rayon de supermarché, vérifiant l'étiquetage d'un produit.
Plus d’un Français sur deux dit avoir changé ses habitudes de consommation grâce à l'étiquetage Nutri-Score. © twinsterphoto - stock.adobe.com

Depuis l'adoption de l'arrêté du 31 octobre 2017, les distributeurs et les industriels du secteur alimentaire peuvent se conformer à un nouvel étiquetage comportant le Nutri-Score. Cet affichage rend compte de la qualité nutritionnelle des produits en les classant du vert foncé à l’orange foncé et selon une note de A à E.

Le bilan réalisé par l'Observatoire de l'alimentation (Oqali) et Santé publique France porte sur l'impact de cette réglementation à la fois auprès des industriels et des consommateurs.

50% des produits étiquetés Nutri-Score

En septembre 2020, 500 entreprises de l’agroalimentaire étaient engagées dans la démarche Nutri-Score, ce qui représente plus de la moitié des volumes de vente. 89% des produits présentant cet affichage nutritionnel sont vendus en grandes et moyennes surfaces ou par des distributeurs spécialisés. La classe A (meilleure qualité nutritive) est la plus représentée (31,7%).

Ce sont les marques de distributeurs et les marques nationales qui apposent le plus régulièrement le logo sur leur produit, même si ces dernières "labellisent" davantage les produits les mieux classés. Si les marques nationales apposent ce logo principalement sur les emballages, les marques de distributeurs apposent le logo à la fois sur les emballages mais aussi en ligne (la proportion de produits classés A ou B est plus élevée pour les emballages que pour le e-commerce).

Globalement, la part de marché des produits étiquetés Nutri-Score est en progression constante même si cette progression est plus observée chez les marques des distributeurs qu'auprès des marques nationales.

Sept produits qui figurent parmi les plus chargés en glucides, en sodium ou en lipides ne sont pas signalés par le Nutri-Score. Parmi eux : les confiseries, les fromages, les produits apéritifs, les margarines…

Une signalisation plébiscitée par les consommateurs

L’affichage du Nutri-Score est apprécié par les consommateurs. 93% des personnes interrogées ont identifié le logo en septembre 2020 et 66% savent à quoi il se rapporte. Pour un tiers des sondés, il est déterminant dans le choix des achats. Plus d’un Français sur deux dit avoir changé ses habitudes de consommation grâce à ce nouvel étiquetage.

Le bilan souligne les effets bénéfiques sur la santé : les personnes consommant des aliments mieux classés présentent moins de risque de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, cancers, asthmes...).

Le logo est jugé facile à identifier et à comprendre par les populations, toutes catégories sociales confondues. Selon le sondage réalisé auprès des consommateurs, il améliore le consentement à payer pour des produits plus sains et diminue l’achat de produits de mauvaise qualité nutritionnelle.

Depuis son adoption en France, ce système de classification a été suivi par six pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse). En janvier 2021, une gouvernance européenne du Nutri-Score s'est également mise en place. Enfin, le programme national 2019-2023 prévoit que l’affichage du Nutri-Score soit étendu aux produits vendus en vrac et à l’alimentation dans la restauration hors-foyer.