Crise sanitaire et confinement : quel impact sur le rôle des femmes dans la vie de famille ?

Une récente étude du Crédoc constate les effets d’un "retour à des rôles genrés traditionnels" provoqué par le confinement et le recours au télétravail lors du confinement de mars 2020 au début de l'épidémie de Covid-19. Les mères, davantage que les pères, ont mis de côté leur emploi pour se consacrer aux enfants.

Femme en télétravail dans sa cuisine avec sa fille.
Lors du premier confinement de mars 2020, dans les couples où les deux parents sont actifs, 53% des mères ont consacré plus de 4 heures par jour à leur enfant contre 29% des pères. © Marina Andrejchenko - stock-adobe.com

Confrontées à la situation sanitaire et au confinement, les femmes ont davantage sacrifié leur activité professionnelle que les hommes.

C’est ce qui ressort d'une enquête du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) publiée en mai 2021.

Cette enquête a en effet observé la répartition des rôles dans les foyers pendant le premier confinement de mars 2020 selon le contexte familial et les professions exercées.

Une charge éducative davantage assumée par les femmes

Les chiffres rapportés par le Crédoc sont éloquents : lors du premier confinement de mars 2020, dans les couples où les deux parents sont actifs, 53% des mères ont consacré plus de 4 heures par jour à leur enfant contre 29% des pères. Durant la période où crèches et écoles étaient fermées, les mères, dans 78% des cas, se sont consacrées à l’éducation des enfants (le père dans 55% des cas).

Le confinement a rendu plus difficile les conditions de vie au domicile pour les femmes, en particulier pour les mères de familles nombreuses qui ne sont que 40% à déclarer avoir conservé des relations de couple "très bonnes" contre 47% pour les pères.

Un autre symptôme de l’écart entre hommes et femmes concernant l’emploi est l’accès à un espace dédié au télétravail au sein du foyer : les hommes sont plus nombreux à avoir disposé d’un espace aménagé (55% contre 43% des femmes) confirmant la prédominance des hommes au télétravail. Ce dernier est par ailleurs plus fréquent chez les cadres masculins que chez les femmes cadres.

Un marqueur chez les femmes exerçant une activité indépendante

Autre marqueur de cet écart, la situation des femmes exerçant une profession indépendante s’est plus fragilisée. 63% d’entre elles ont cessé leur activité pendant le premier confinement (deux fois plus que chez les hommes).

Par ailleurs, alors qu’un surcroit d’épargne a été constaté pour les ménages les plus aisés, nombre de femmes exerçant une activité indépendante se sont, en revanche, appauvries, leur revenu ayant plus fortement baissé que la moyenne (50% contre 30% pour l’ensemble de la population).

Au-delà de l’éloignement de la vie professionnelle et d’une charge parentale accrue pour les femmes, le Crédoc évoque "une forme de retrait des femmes de la sphère publique" qu’il associe à une plus grande inquiétude des femmes face aux risques sanitaires. À l’issue du premier confinement, en septembre, elles ont été moins nombreuses que les hommes à sortir (42% contre 48%), le facteur de risque sanitaire s’ajoutant à des habitudes de sortie qui étaient déjà moins importantes.