Covid-19 : quelle gestion de la crise sanitaire en France ?

La crise sanitaire du Covid-19 a eu de nombreux effets du fait de son caractère total et des mesures pour endiguer l'épidémie avec des répercussions sur tous les aspects de la société. Un récent rapport sur l'évaluation de la gestion de crise analyse les forces et les faiblesses de la France qui fait partie des pays les plus touchés.

Personnel soignant épuisé et équipé de protection Covid.
La France fait partie des pays "très affectés" par la crise sanitaire avec 1 332 décès par million d’habitants, beaucoup plus que la moyenne européenne. © boyloso - stock.adobe.com

Le rapport final sur l'évaluation de la gestion de la crise sanitaire présenté au président de la République en mai 2021 dresse un bilan de l'épidémie de Covid-19 en France, de son impact et de ses effets en comparaison internationale.

Ce rapport rédigé par une mission indépendante chargée d'évaluer la réponse française à la crise sanitaire fait aussi des propositions, sur la base des constats et de ses analyses, pour renforcer les capacités de réaction de la France face à une pandémie.

Un effort public massif

La France fait partie des pays "très affectés" par la crise sanitaire avec 1 332 décès par million d’habitants, beaucoup plus que la moyenne européenne (1 092 décès par million).

La crise a eu un impact sanitaire important sur toute la population, essentiellement les personnes âgées (au moins 15% de la population affectée). Les conséquences sanitaires indirectes (déprogrammation de soins, report de diagnostics...) ne seront connues que dans quelques années.

Les restrictions ont engendré une perte d’activité économique sans précédent dans l’histoire récente. En France, la récession est estimée à 8,2% en 2020 (zone euro : 7,5%). Selon le rapport, certaines mesures (fermeture totale des écoles et de commerces) semblent avoir eu un coût économique et social excessif au regard de leur impact sur l’épidémie.

Néanmoins, un effort public massif a permis de réduire l'impact de la crise sanitaire. L'activité partielle a ainsi préservé l'emploi dans des "proportions remarquables" au regard de la crise financière de 2008, entre autres.

Malgré l'intervention de l'État, la préparation à la crise s'est révélée insuffisante et la faiblesse récurrente de l'anticipation a engendré des retards dans les décisions : pénurie de masques, lenteur de la mise en place des tests, confinements, vaccination. Le rapport pointe la fragilité du ministère de la santé et la faiblesse historique de la santé publique.

À ces facteurs structurels s'ajoutent des facteurs conjoncturels : accusations de surréaction et de gaspillage d'argent public lors de l'épisode de la grippe H1N1 (2009-2010), priorité donnée au risque terroriste...

Le rapport souligne cependant aussi des points positifs :

  • les autorités ont su améliorer au fil des mois le pilotage de la crise ;
  • la mobilisation des acteurs a "souvent permis de compenser le manque d’anticipation des pouvoirs publics" ;
  • la réponse économique de l'État a été à la hauteur.

Se préparer aux prochaines crises

Afin d'améliorer les capacités de réaction et de gestion du modèle socioéconomique français face à une crise sanitaire, le rapport fait également des propositions réparties sur trois axes  :

  • se préparer aux prochaines crises (formation et ressources des ministères et des opérateurs) ;
  • renforcer la santé publique (formation, recherche...), l'expertise scientifique (recherches en virologie et prévention du risque infectieux) et l'offre de soins (biologie, médicalisation des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, traitement des données) ;
  • organiser un retour d'expérience (institutions et société) et évaluer les impacts de la crise (efficacité des réponses sanitaires et sociales).

Ces propositions visent ainsi notamment à :

  • anticiper et favoriser la prise de décisions ;
  • partager les informations et coordonner les réponses (niveaux international et européen) ;
  • renforcer la santé publique (formation, recherche, veille, prévention) et l'expertise scientifique en santé publique ;
  • évaluer l'impact de la crise sur les personnes ;
  • améliorer la capacité de résilience économique.