Les petites retraites en France : état des lieux

La France comptait, début 2020, près de 15,5 millions de retraités. 37% d’entre eux percevaient une pension mensuelle de droit direct (ne prenant pas en compte les pensions de réversion) inférieure à 1 000 euros bruts. Ces petites retraites, dont le nombre régresse, touchent majoritairement des femmes.

Personnes âgées assises sur un banc face à un port.
Le rapport préconise de revaloriser les droits acquis en portant les retraites à un seuil d’au moins 85% du Smic net pour une carrière pleine d’ici 2025. © DjiggiBodgi.com - stock.adobe.com

Un rapport sur les retraites modestes paru en mai 2021 dresse un diagnostic de la situation des personnes concernées puis avance des pistes pour revaloriser ces petites retraites.

Retraites et retraités modestes

Le seuil de 1 000 euros de pension mensuelle brute, qui correspond à peu près au seuil de pauvreté pour une personne seule, a été retenu pour définir une petite retraite. Il est un peu supérieur au plafond d’éligibilité à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et légèrement inférieur à un objectif du projet de loi instaurant un système universel de retraite : une pension égale ou supérieure à 85% du Smic net pour une carrière complète.

Les faibles pensions concernent surtout :

  • les personnes ayant une carrière incomplète à cause d’une entrée tardive sur le marché du travail, de périodes d’inactivité (chômage, garde des enfants) ou d’un arrêt de carrière précoce (maladie, inaptitude) ;
  • celles qui ont eu un temps partiel prolongé ;
  • les femmes (52% perçoivent une faible retraite contre 20% des hommes) ;
  • les individus nés à l’étranger ou ayant passé une grande partie de leur carrière à l’étranger ;
  • les non-salariés, notamment les exploitants agricoles et leurs conjoints collaborateurs ;
  • les ultramarins.

Le nombre de retraités s’accroît mais celui des retraités modestes baisse car les carrières s’allongent, les mécanismes de solidarité se renforcent et les femmes travaillent de plus en plus.

Revaloriser les petites retraites

Le nombre des petites pensions reste élevé. Pour le réduire, le rapport préconise :

  • d’améliorer l’information des assurés dès 45 ans sur leurs droits à la retraite (surtout en cas de risque de faible pension) pour qu’ils puissent faire des choix professionnels appropriés ;
  • de réhabiliter les cotisations sociales, dont le montant et la durée déterminent le niveau de pension. Il peut s’agir, par exemple, d’autoriser l’employeur à financer en partie le rachat de trimestres de retraite (études, stages…) des jeunes salariés, d’augmenter l’assiette minimale de cotisation des artisans et commerçants pour valider quatre trimestres au lieu de trois, ou de permettre d’acquérir de nouveaux droits à pension en cas de cumul emploi-retraite ;
  • de revaloriser les droits acquis en portant les retraites à un seuil d’au moins 85% du Smic net pour une carrière pleine d’ici 2025. Cette mesure coûterait plusieurs milliards d’euros. Le système de retraite étant déficitaire, il faudrait mettre à contribution les retraités les plus aisés (réduction de l’abattement de 10% à l’impôt sur le revenu pour les pensions, prélèvement supplémentaire sur les transmissions de patrimoine…) ou les entreprises et les actifs (création d’une seconde journée de solidarité, majoration des cotisations).