Covid-19 : dégradation de l'état de santé psychique des travailleurs début 2021

L'état de santé psychique des travailleurs s'est fortement dégradé début 2021. C'est ce qui ressort d'une récente enquête statistique du ministère du travail. Mais quels sont les actifs les plus touchés par les conséquences de la crise sanitaire ? Et ces conditions de travail dégradées ont-elles eu un effet sur les contaminations par le Covid ?

Femme se tenant la tête dans le mains, accroupie dans un coin d'une pièce.
En janvier 2021, 30% des travailleurs se déclarent en état de santé altéré. Ils sont 50% dans ce cas parmi les actifs dont les conditions de travail se sont dégradées. © Halfpoint - stock.adobe.com

Les personnes interrogées sont nombreuses à déclarer qu'elles travaillent plus longtemps qu'avant la crise sanitaire, en horaires décalés, de façon plus intense. L'intensité émotionnelle dans le travail est en très forte hausse. Un travailleur sur quatre déclare être  plus  souvent  "bouleversé,  secoué,  ému  dans  son  travail" qu'auparavant.

Du 25 janvier au 7 mars 2021, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a réalisé l'enquête TraCov auprès de 17 216 individus en emploi pendant la crise sanitaire, âgés de 20 à 62 ans en 2020. Il s'agit de la première enquête statistiquement représentative consacrée aux conséquences de la crise sanitaire liée au Covid-19 sur les conditions de travail.

Ces résultats, qui décrivent les conditions de travail des actifs occupés et le vécu des individus sans emploi, sont analysés par la Dares dans une publication du 28 mai 2021 sur les conséquences de la crise sanitaire.

Les catégories d'actifs les plus touchées

Pour une personne en emploi sur trois, le travail s'est fortement intensifié. Cela s'est accompagné :

  • d'une adaptation des objectifs ;
  • d'un recours au numérique accru ;
  • d'un collectif de travail renforcé ;
  • et du sentiment d'un travail qui a du sens.

Les travailleurs ayant connu une intensification de leurs conditions de travail sont plutôt des femmes, des cadres et des professions intermédiaires qui travaillent principalement dans :

  • la santé ;
  • l'enseignement ;
  • le commerce de détail.

Pour une personne en emploi sur dix, les conditions de travail se sont fortement dégradées :

  • intensification du travail ;
  • manque de moyens pour effectuer les tâches dans de bonnes conditions ;
  • affaiblissement du collectif.

Les travailleurs ayant connu une forte dégradation de leurs conditions de travail sont plutôt des femmes, des télétravailleurs, des cadres et des professions intermédiaires qui travaillent principalement dans :

  • la banque et les assurances ;
  • l'enseignement.

Pour la moitié des travailleurs (souvent des ouvriers et des employés dans l'agriculture, l'industrie et la construction), les conditions de travail ont peu changé. Enfin, pour une minorité travaillant surtout dans les secteurs de l'hébergement, de la restauration ou encore dans les activités culturelles, elles se sont légèrement améliorées.

Une contamination accrue associée à des conditions de travail dégradées

L'insécurité sanitaire est fortement renforcée par des conditions de travail dégradées. Près de 55% des travailleurs dont les conditions de travail se sont dégradées ont craint d'être touchés par le Covid-19. Parmi eux, 27% ont contracté le virus, dont 12% au travail.

De même, en janvier 2021, 30% des travailleurs se déclarent en état de santé altéré (contre 25% dans l'étude 2019). Ils sont 50% dans ce cas parmi les actifs dont les conditions de travail se sont dégradées. Ces actifs sont également plus nombreux à déclarer des troubles du sommeil, des douleurs plus fréquentes ou plus fortes. Cette altération de la santé peut être liée au Covid-19. Elle peut également en partie s'expliquer par les évolutions des conditions de travail. Fait statistique notable, l'enquête révèle que le risque de dépression a doublé par rapport à 2019.